06.05.2011
Une idée des exactions commises dans l'Ouest
A la suite du conflit postélectoral qui a eu cours entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, respectivement candidat malheureux et président élu à plus de 54 %, les évènements intervenus dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, plus précisement à Duékoué, ont été abondamment relayés dans la presse internationale.
L' ampleur des massacres et l'identité de leurs potentiels auteurs traduisent toute la profondeur de cette crise ivoirienne, dont le récent épisode post-electoral pourrait bien occulter les vrais problèmes qui minent la société ivoirienne. Ces massacres à l'ouest nous ont permis de voir réapparaitre l'un des facteurs ayant amplifié la crise ivoirienne: le problème foncier dans certaines régions du pays, avec ses caractéristiques ethniques. A cet effet, l'analyse ci-dessous du journal La Croix nous offre quelques détails sur le déroulement de ces malheureux incidents dans la région de Duékoué, plus précisement dans la localité de bahe-b.

A mon humble niveau, on pourrait relever quelques incohérences sur le fonctionnement des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) dans lesquellles des Dozos (chasseurs traditionnels) sans instructions élémentaires et autres prisonniers évadés à Abidjan commettent d'innombrables exactions. Qui peut donc donner des ordres pour que de tels individus, sans encadrement sérieux , puissent opérer dans les rues d'Abidjan et dans certaines régions du pays ? Quelles responsabilités attribuera-t-on au ministre de la défense Soro Guillaume et à Alassane Ouattara, le chef suprême des Armées Nationales si les enquêtes ordonnées, au niveau national et international, établissement clairement la culpabilité de certains dozos et autres éléments FRCI dans des massacres (ethniques -politiques) planifiés, tels que ceux de Duékoué ?
Les anglophones ont tendance à dire: Wait and see ...
voir l'article: La Croix - Jeudi 5 mai 2011
17:22 Publié dans Elections 2010 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12.12.2010
Etre prisonnier en Côte d'Ivoire, ou mourir

Etre prisonnier n'est pas une malédiction. Etre prisonnier ne veut nullement dire qu'on n'est dépourvu de la jouissance d'un minimum de droits, ni insinuer qu'on ne peut révendiquer des conditions de vie et de traitement meilleures, qu'on ne peut demander ne serait-ce qu'un procès pour sortir d'une détention préventive qui finit par tomber amoureuse du temps. Même prisonnier, on a droit au respect en tant qu'être humain. Dans l'univers carcéral, on a sans doute droit à la préservation de son intégrité physique. Cependant, le constat en Côte d'Ivoire est tout autre. On constate que le respect des droits de l'homme n'est que chimères, tant les armes imposent leur diktat au système politique du moment. On espère vraiment que les générations futures de ce petit pays ouest-africain releveront les défis qui s'imposent à elles, car il est plus qu'évident que le gachis actuel est incommensurable.
En effet, ce déplorable "western urbain" dans la vidéo ci-dessous se déroule en Côte d'Ivoire, à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA). Les détenus de cette sordide maison d'arrêt ont fini par organiser une "mutinerie" pour protester contre leurs conditions difficiles de vie (hygiène - alimentation - infrastructures sanitaires - Etat des cellules - surpopulation - mafia interne ...); sans oublier le laxisme administratif qui conditionne, très souvent, leur statut carcéral. Tel est le cas des "oubliés du système judiciaire ivoirien", dont certains n'ont point été jugés depuis des années, voire des décennies alors qu'ils sont en principe considérés en détention préventive. Cette attitude témoigne de tout le respect que les ivoiriens ont pour leur système judiciaire. Me dira-t-on, ventre vide n'a point d'oreilles. Que dire donc des "pansus" qui pullulent et paressent dans notre administration publique ???
Pour notre part, nous remercions le journaliste français, Jean Paul Ney, à qui revient l'exclusivité de cette vidéo enregistrée lorsqu'il était lui-même abusivement incarcéré à Abidjan, dans l'exercice de son métier. Son courage et sa tenacité ont eu finalement raison de l'arbitraire qui sévit en Côte d'Ivoire depuis bien d'années. Nous lui souhaitons une bonne continuation.
02:32 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
14.10.2010
Bilan comparé Bédié-Gbagbo (suite et fin)
Les élections présidentielles se dérouleront bientôt en Côte d'Ivoire, et la campagne prend des airs divers selon les candidats. Tandis que pour certains, c'est la foire aux milliards par région, les promesses de sources plurielles pour le financement de l'économie nationale, d'autres exhibent leur patriotisme, leur naturelle disposition à défendre la Côte d'Ivoire contre les "candidats de l'étranger"(sic).

Comprenons que le contexte électoral est l'idéal marché pour attirer plus facilement le bétail électoral, pour endormir les masses populaires avec des promesses vides de pragmatisme. A ce jeu électoral, le PDCI est l'un des seuls partis à parler de BILAN, de programme de redressement ( vu les énormes plaies crées par la gestion calamiteuse qui a suivi le coup d'état de 1999). Pourtant chacun des trois grands candidats ( Ouattara, Gbagbo et Bédié) a eu à tenir les rênes de l'exécutif des années durant.
Et qui dit CHEF parle implicitement de RESPONSABILITE, peu importe le contexte d'exercice de cette fonction de chef. L'idéal, pour ces trois candidats, est de présenter aux électeurs ivoiriens leurs bilans de président et de premier ministre ( quasi-gérant du pays pendant la "maladie" d'Houphouet Boigny), et ensuite s'y fonder pour convaincre de la crédibilité de leur programme de gouvernement. Pour exemple, l'alibi sur lequel se fonde Laurent Gbagbo et son parti est la survenance de la rébellion, de la "guerre" ( un terme facile qu'ils aiment utiliser) pourtant le territoire geré ( 40 % du territoire national) par l'autorité étatique etait le propice terreau pour l'expérimentation de certaines promesses de campagne du chef d' Etat Gbagbo. La valeur nominale des budgets annuels de l'Etat temoignent de l'existence des moyens pour ce faire.( passage de 1500 milliards en 1999 à plus de 2000 milliards en moyenne, durant les années 2000). La réduction du territoire géré par les pouvoir publics devient un avantage en termes de capacité de construction d'infrastructures publics ECONOMIQUEMENT PRODUCTIVES ( santé- éducation - transport - structures parapubliques de microcredit - industrie agricole de transformation dans les régions cacaoyères par exemple). Malheureusement, des centaines de milliards ont été engloutis dans des investissements de prestige à Yamoussoukro alors que les conjoncture sociopolitique et économique ne le permettaient. C'est aussi cela qui est regrettable chez Laurent Gbagbo. Ces dépenses de centaines de milliards à Yamoussoukro n'apportent rien de concret à l'amélioration des conditions de vie des ivoiriens. Idem pour les achats excessifs de matériel militaire pendant qu'une politique de dialogue inter-ivoirien est en cours.

En clair, bien qu' une rébellion soit survenue en Côte d'Ivoire ( les élections CALAMITEUSES de 2000 y sont pour quelque chose), Laurent Gbagbo à l'obligation de défendre son bilan en 10 ans.
Bédié doit aussi montrer en quoi son bilan peut permettre aux ivoiriens de croire à sa capacité à redresser ce pays mal géré durant ces dix dernières années.
Bien qu'il ne soit pas inséré dans cette comparaison, Alassane Ouattara doit aussi montrer en quoi sa gestion de 1990 à 1993 (premier ministre, voire quasi-président) peut faire croire en ses capacités de super-mobilisateurs de milliards pour reconstruire ce pays.
La première partie du billet " Bilan comparé Bédié Gbagbo" est déja disponible à ce lien
La deuxième partie est consacrée à la comparaison des agrégats économiques sous les 2 présidents, des secteurs primaires de l'économie (agriculture, mines, pétrole ...) et au bilan infrastructurel ( ponts, routes, projets d'assainissement urbain) des 2 candidats: voir ICI
La dernière partie traite du secteur secondaire ( développement industriel) et tertiaire de l'économie, ainsi que du bilan culturel des 2 candidats ex-chefs d'Etat: ICI
Bonne lecture ...
14:59 Publié dans Elections 2010 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bédié, gbagbo, pdci victoire, bilan pdci fpi, 31 octobre
