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23.03.2008
L'affaire Kragbé Gnagbé
Kragbé Gnagbé, ce nom a défrayé la chronique dans les années 70 où une certaine opinion avait rendu responsable Houphouet Boigny, le président de la Côte d'Ivoire à cette époque, d'un massacre ou génocide pour les plus passionnés à l'encontre de sa tribu : les Guébié.
Certains hommes politiques de la région ont annoncé le chiffre de 4000 à 6000 tués. On a du mal à le croire quand on sait que les chiffres de population dans cette région précisément n'atteignaient point 2000 habitants.
Le fait a été confirmé par Frédéric Grah Mel à l'occasion des recherches qu'il a effectuées avant de sortir sa biographie sur Houphouet Boigny.
D'autres sources (source : Répertoire des villages de la Côte d'Ivoire publié par le service de la statistique générale et de la mécanographie, éd. Mise à jour au 31 décembre 1955) (tome 1) p.199-201) beaucoup plus techniques confirment les chiffres qui sont bien inférieurs à ceux exhibés par des hommes politiques , en l'occurrence, Laurent Gbagbo qui en a fait un "fonds de commerce" politique, annonceant ici et là que les Guébié avait été victime d'un génocide orchestré par houphouet Boigny , le dictateur qui n'acceptaient point d'opposition politique.En effet, sans entrer dans la guerre des chiffres, les trois villages que sont Bobia, Dikouéhipalegnoa, Tipadipa, théâtre des opérations, et qui, d'ailleurs, relèvent des tribus Zabia et Pacolo, et non du Guébié, comptaient respectivement 337, 365, 568 habitants, tandis que Gaba, le village natal de Kragbé comptait 469 habitants en 1956 soit une population totale de 1739 habitants.
Mais, à la vérité, peut-on parler de génocide ? Le génocide se définit comme l'extermination massive, systématique et planifiée d'une population donnée, au seul motif de son appartenance raciale, ethnique ou religieuse.
Etait-ce vraiment le cas ? Houphouet avait -il un quelconque intérêt a éliminé un peuple pour son appartenance ethnique ? Que s'est-il passé en réalité dans cette région du Guébié ?
Après une longue recherche qui m'a fait découvrir quelques écrits de Frédéric Grah Mel, qui je crois est originaire de cette partie géographique de la Côte d'ivoire à ce propos , et une Lettre écrite par Niamkey Koffi , porte-parole du PDCI-RDA, en guise de réponse au "procès historique du PDCI" servi lors du Forum national de réconciliation nationale de 2001, j'ai décidé de reproduire quelques passages décisifs de ce droit de réponse de Niamkey Koffi, dont l'essence ne diffère pas vraiment du travail de recherche réalisé par Grah Mel :
"Le Guébié, Qu'en est-il des événements du Guébié ? Pour les adversaires du PDCI-RDA, les événements du Guébié seraient un génocide qui tire sa source du refus d'appliquer l'article 7 de notre Constitution. Cette allégation ne peut résister à l'analyse, pour la simple raison que la suspension de l'application de l'article 7 est le résultat non seulement d'un consensus de tous les partis politiques de l'époque autour du PDCI-RDA, au terme de son écrasante victoire aux élections générales de 1956, 57 et 58 mais surtout une exigence fondamentale du développement de notre pays, à l'aube de son indépendance. (...) C'est en août 1966 que Kragbé Gnagbé fait son apparition sur la scène politique ivoirienne. Après une entrevue avec les autorités politiques ivoiriennes, Kragbé Gnagbé déverse dans tous les quartiers d'Abidjan et le reste de la Côte d'Ivoire, des tracts. Il y dénonce “le vol des terres des paysans Bété par les allogènes Baoulé avec la complicité du pouvoir central” et s'élève contre la confiscation des libertés (...) En 1969, Kragbé Gnagbé crée à Gaba, son village natal, un maquis où il prélève des cotisations sur les paysans, lève des troupes et s'adonne à des activités subversives et sécessionnistes. Arrêté puis libéré, Kragbé Gnagbé est sommé par les populations de quitter Gaba. Quelque temps après, Kragbé Gnagbé va clandestinement ériger un nouveau maquis dans la forêt située entre les villages de Bobia, Dikouéhipalégnoa et Tipadipa. Allant plus loin dans la défiance, il proclame une République indépendante de celle de la Côte d'Ivoire dite République d'Eburnie, dont il s'autoproclame Chancelier.(...) Il publie un manifeste intitulé : La proclamation aux tribus d'Eburnie et une Constitution dénommée : La loi organique de l'Etat d'Eburnie. Il y déclare solennellement “qu'il faut se battre avec tous les moyens, même avec nos mains nues, dussions-nous y mettre le prix en hommes et en sang. Le sang parle mieux aux masses, car c'est le langage de la politique…” Joignant l'acte à la parole, le 23 octobre 1970, M. Kragbé organise une descente armée sur Gagnoa, où nuitamment, il va hisser son drapeau sur les bâtiments de l'Etat : le commissariat de Dioulabougou, les bureaux de la sous-préfecture et de la mairie.(...)Pour calmer les esprits, le commandant du corps urbain Obou Kouadio est dépêché pour négocier une trêve avec les insurgés. Il sera atrocement décapité, émasculé et ses parties intimes enfoncées dans sa bouche à cause de son nom à consonance Akan et singulièrement Baoulé, alors qu'il était originaire de Daloa.(...). C'est ainsi que dans les campements et sur les routes, des Guébié et des allogènes sont assassinés, pendus, jetés dans des puits, enterrés vivants, loin des regards. Face à tous ces crimes atroces perpétrés dans une région faisant partie intégrante du territoire ivoirien, l'autorité centrale, garante de l'intégrité territoriale et de la sécurité des personnes et des biens, a fait appel à l'armée qui prend le contrôle de la situation dès le 30 octobre 1970.....
Compte-tenu de cette version des faits et de la réalité "numérique" des victimes de cette rébellion étouffée dans "l'oeuf", on ne peut prétendre qu'il y'a eu tentative de génocide.
Le concerné lui-même , Kragbé Gnagbé, use d'une prétendue "invasion" des baoulés dans cette région "cacaoyère" où ces populations se sont déplacés pour vivre de ce type d'agriculture.
On comprend mieux les propos du président de la jeunesse PDCI, sans forcement partager la violence du propos et l'exactitude des chiffres qu'il a rapportés car cette "légende génocidaire" a continué d'enfler , du fait de la volonté de véreux hommes politiques , et a ,par la suite, occasionné des violences tribales à relent foncier ,dans cette même région de l'ouest du pays.
S'il existe des individus qui souhaitent qu'on n'en parle plus , il faut alors désamorcer la "bombe tribale" dont les conséquences sont toujours insondables, sensibiliser les populations a plus de tolérance malgré les divergences culturelles , "dépolitiser" les préjugés ethniques .....
Il faut ainsi inviter les hommes politiques à plus de maturité en évitant de faire le lit de la haine tribale , en consolidant les acquis en terme de cohabitation intelligente et constructive.
La fin ne justifie pas les moyens car ce sont ces mêmes moyens qui vous étrangleront le moment opportun .
Henri Konan Bédié , Alassane Ouattara et surtout Laurent Gbagbo en savent quelque chose
21:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires
Krathos, je suis surpris de t'entendre dire que Gbagbo a instrumentalisé le Guébié. Peux-tu me citer un de ses discours ou ouvrages où il s'adonne à ce type d'exercices ?
Ecrit par : Titi | 23.03.2008
je ne l'ai pas en tête mais je le chercherai , pour toi !!
ça date surement de l'époque avant 1990 . gbagbo en a fait toute une histoire pendant la période où houphouet vivait encore.
ce n'est seulement le cas de gbagbo, ce discours a été tellement partagé par des intellectuels du FPI, je vais chercher quelques articles, pour toi....(surtout gbagbo).
Ecrit par : krathos | 23.03.2008
quand je dis que gbagbo en a fait un fonds de commerce politique , je ne dis pas qu'il a relayé ouvertement le discours ouvertement mais à travers des organes de presse à la merci du pouvoir FPI et ce durant une certaine période d'opposition.
tu pourras lire cet article : http://www.lenouveaureveil.com/a.asp?n=266913&p=1733
Ecrit par : krathos | 23.03.2008
LES CRIMES DE HOUPHOUET BOIGNY
Ecrit par : Kémet Djika | 27.03.2008
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