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24.03.2008

L'Islam et l'esclavage

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Très souvent , j'entendais de certains amis musulmans, que j'imagine assez inculte en terme de connaissances historiques que leur religion condamnait l'esclavage , prônait l'égalité des hommes; ce que je n'ai jamais cru, même si cela est écrit dans leur livre saint, car j'ai remarqué que ce phénomène était très développé dans la plupart des pays de l'Afrique du nord.
Les Hommes n'ont pas toujours appliqué les prescriptions religieuses à la lettre.

Aussi, nous enseigne-t-on à l'école primaire que les arabes ont été les premiers à soumettre les peuples noirs à l'esclavage, bien avant que le "ballet impérialiste" européen ne débarque sur le continent africain.

Ces amis-là, en tous cas pour tous ceux avec qui j'en ai discuté, évoquent le cas du premier muezzin qui fut noir : Bilal qui était un esclave affranchi.
C'est finalement grâce à ce détail racial que j'ai découvert certains écrits qui traitent abondamment de la genèse et de l'évolution de l'esclavage dans les pays musulmans.

Tout d'abord , je préfère citer l'un de mes auteurs favoris en me référant à l'une de ses œuvres romanesques : il s'agit de Tahar Ben Jelloun , grand écrivain d'origine marocaine, qui dans un contexte de "pays arabe" déja islamisé(source : Moha le Fou , Moha le Sage ), dépeint quelque peu cette réalité d'esclave sexuelle "négresse" à la solde du maitre de la propriété familiale. En effet, le "patriarche", sur le chemin de retour du pèlerinage à la Mecque, "achète" une négresse qui devient plus tard son jouet sexuel et objet de fantasmes de tout genre (Page 54 à 55).

Sans vouloir critiquer la forme d'expansion de l'islam, il faut noter que l’extension progressive de l’empire musulman, le besoin impérieux d’une main d’œuvre pour travailler dans les nouvelles terres annexées et l’abondance des prisonniers tombés en captivité après les conquêtes musulmanes, ont relégué les recommandations religieuses au second plan. “De dynastie en dynastie et de siècle en siècle, l’esclavage est devenu un fait musulman. Nulle part on ne trouve contre lui d’opposition ou de réprobation. Le nombre d’esclaves et la condition servile étaient profondément enracinés dans la société féodale et passaient pour un fait naturel”, résume Malek Chebel, anthropologue algérien dans son œuvre "L'esclavage en terre de l'Islam".

Toujours selon le même auteur, Progressivement l’idée d’affranchir un esclave en vue de gagner la bénédiction divine disparaissait, laissant la place au sentiment de puissance et de supériorité que procure la situation de maître. La production théologique allait suivre cette évolution, en fournissant des codes pour réglementer l’esclavage, quand il est devenu impossible de l’abolir. Dans la dernière partie de son livre, Malek Chebel présente trois textes dans lesquels on prodigue des conseils sur l’achat des esclaves et leurs prix, comment éviter les tromperies sur “la marchandise”, on y précise les droits dont disposent les maîtres sur les esclaves, y compris les droits sexuels.

Par ailleurs, il faut préciser que généralement le statut d'esclave dans le monde musulman était fonction du sexe ou de la couleur de la peau( car il n'y a pas eu que des noirs esclaves, certains arabes aussi étaient réduits à l'esclavage en fonction des conquêtes musulmanes) .
On rencontre l'esclave soldat ou " mamlouk " qui peut atteindre le sommet du pouvoir grâce à ses talents militaires et à la puissance de sa corporation.On y croise aussi " l’eunuque ", esclave asexué dont la mutilation est le prix à payer pour s’introduire dans le sanctuaire du harem ( appartement réservé aux femmes chez les musulmans ). Un espace où on trouve également l’esclave " concubine " ou " sexuelle " dont le charme et l’utérus sont les principaux atouts pour accéder au statut de sultane et mère de sultans.


Cependant dans un souci d'objectivité et non de critique outrancière, il faut préciser que l'Arabie ancienne était une société esclavagiste avec des strates sociale serviles. L’islam a été une révolution sociale qui s'adressait aux pauvres et aux miséreux. Les premières générations de l’islam ont saisi l’intérêt d’affranchir les esclaves, qui allaient fournir le noyau d’une armée musulmane. Toutefois, cet affranchissement a été relatif et soumis à des conditions bien déterminées.
Les nombreuses conquêtes qui ayant permis d'imposer l'islam dans certaines régions du globe ont favorisé la situation de milliers de captifs (hommes, femmes et enfants) auxquels il a fallu trouver un statut. Ce fut celui d’esclave. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé devant un paradoxe entre ce que dit l’islam et la pratique historique de l’esclavage en terre d’islam, entre la théorie et la réalité effective de la chose.

Et c'est cet écart entre la réalité de l'histoire et les écrits saints qui est décrit dans cet exposé.

Aujourd'hui , bon nombre de pays arabes continuent de souffrir de ce fléau. En Mauritanie, par exemple , ce n'est qu'en 1981 que l'esclavage a été aboli et il a même fallut voter une nouvelle loi en 2003 pour réprimer la traite des hommes qui continuait d'exister.

Au Maroc , on ressent encore cette influence culturelle des peuples noirs dans la musique gnaoua( peuple du sud du pays), mot "gnaoui" qui serait dérivé de “guinéen”, une région où les négriers arabes étaient très actifs.

en Conclusion , on doit retenir que l'histoire de l'esclavage dans les contrées musulmanes nous enseignent que tous les musulmans sont égaux mais certains l'ont été moins que les autres .
la question majeure qui reste posée est la suivante : est-ce encore le cas aujourd'hui ??

QUELQUES EXTRAITS DE TEXTE - RESUME
( source: TELQUEL-hebdomadaire marocain )



Extrait. Les eunuques du sultan


William Lemprière, médecin anglais reçu à la fin du 18ème siècle par le sultan Sidi Mohammed, roi du Maroc, décrit les eunuques en charge du harem du sultan.
“Aussitôt que le prince eut décidé que j’entrais dans le harem de ses femmes, il ordonna qu’on me conduisit avec mon interprète. Le chef des eunuques me reçut à la porte. Il est à observer que les eunuques chargés spécialement de la garde des femmes sont issus d’esclaves nègres. La voix des eunuques a un accent particulier, elle ressemble un peu à celle des jeunes gens qui sont encore dans l’adolescence. Enfin, ces êtres mutilés offrent tout à la fois une image dégoûtante de faiblesse et de monstruosité. L’autorité qu’on leur donne sur un sexe qu’ils tyrannisent leur fait prendre un air d’importance, ils sont plus fiers et plus insolents qu’on ne saurait l’imaginer.”



Extrait. Un abolitionniste marocain

Ahmed Ibn Khalid Al-Nassiri, le grand historien marocain, né à Salé et mort en 1893, était un abolitionniste convaincu.
“Je veux parler de cette plaie sociale qu’est l’esclavage des nègres originaires du Soudan, qu’on a l’habitude d’amener chaque année de leur pays, en grand nombre, comme des troupeaux, pour les vendre à la criée comme des bêtes de somme. Sans honte, les gens ferment les yeux sur ce crime qui se commet au grand jour depuis une longue suite de générations, à tel point que la masse du peuple croit que l’origine légale de l’esclavage consiste dans la noirceur du teint et la provenance du Soudan. En principe, tous les hommes sont, par nature, de condition libre et sont exempts par conséquent de toute cause d’asservissement ; quiconque, donc, nie cette liberté individuelle, nie ce principe fondamental”.




Extrait Jouir sans entraves

La Moudawana d’Ibn Al Qassim, texte de référence du rite malékite, contient des dispositions liées à la propriété sexuelle des esclaves :
- Les “parties honteuses” de l’esclave femelle appartiennent de droit à son maître. Il en va ainsi de son ventre (ses enfants) et de son dos (force de travail).
- L’esclave ne peut épouser que deux femmes (contre quatre pour l’homme libre).
- L’esclave ne peut se marier sans l’accord de son maître, mais ce dernier peut l’y obliger.
- Une esclave ne peut être co-épouse avec une femme de condition libre.
- Le nombre de concubines que peut posséder un musulman n’est pas limité (contrairement au nombre de femmes légitimes et de condition libre).



Sans commentaires !!!

Commentaires

Réouverture des commentaires pour Djé (lol). Pour le "Bossonisme" , je publierai quelque chose là dessus puisqu'il est difficile de trouver des ressources "webographiques" qui en traitent.

En fait, à mon avis , dans cet billet sur la question de l'esclavage dans l'Islam, je suis un peu étonné que l'islam pose même des règles pour régir le phénomène au lieu de l'abolit complètement.
Je me demande alors, si les sourates du Coran sont d'inspiration divine (voir Ange Gabriel) ou une réinterprétation de la Torah et de l'évangile par Mahomet lui-même pour assouvir des ambitions politiques.

Je trouve assez inconcevable que Dieu ait transmis un message aux prophètes, à Jésus puis à Mahomet sans abolir OUVERTEMENT ce qui à nos yeux représentent une abomination : l'ESCLAVAGE .

Ecrit par : Krathos | 27.08.2008

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