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18.04.2008
Gbagbo a trahi Koulibaly


Gbagbo a trahi Koulibaly, Laurent Gbagbo a trahi les thèses de la refondation, les idéaux si chers à Mamadou Koulibaly.......
Koulibaly est un anti-france-Afrique reconnu de tous; on pourrait croire que le fond de ses convictions (la forme ne suit pas encore pour des coercitions politiques) est erronée mais une analyse économique approfondie de la côte d'ivoire post-coloniale nous ouvre les yeux sur la justesse de son aversion quant à la version économique de la France-Afrique (exploitation mal rémunérée des richesses naturelles et opportunités africaines par des industries françaises dont les "capitaines" sont des pions de choix , en général, des dirigeants français).
Mamadou Koulibaly voit loin mais il n'a pas encore le cran, ou plus raisonnablement , les chances de développer/mettre à exécution librement ses idées sans que sans vie ne soit mise en danger.
Mamadou Koulibaly est bien sûr un génie dont la vie politique a été dévoyé" par son rattachement aux idéaux du FPI des années 90, qu'il a lui même influencé en y insérant des valeurs libérales.
détourné en ce sens que Koulibaly se voit contredit par les actes posés depuis quelques années par Laurent Gbagbo, son chef de file.
Quelqu'un me disait que le jour où Koulibaly oserait se présenter aux élections présidentielles, il le voterait; il est assurément dans le vrai car la seule variable qui manque à son "modèle politique" demeure le terreau propice à l'expérimentation de ses thèses.
Ce terreau se résume à une situation sociale plus paisible, une mise à l'écart éventuelle de l'environnement malsain et « gabégique » que représente le FPI, depuis l'avènement au pouvoir.
L'homme est depuis quelque temps surveillé de près par ses comparses du FPI qui voit en lui, un probable obstacle à la vision alimentaire de certains pontes du régime en question (déviationnistes de la refondation); en effet, Koulibaly s'exprime rarement sur certains faits susceptibles de mettre à mal l'intégrité morale de ses "frères politiques" notamment le scandale des déchets toxiques, les détournements de la filière café-cacao et autres........
Lorsqu'il a essayé d'en parler, il a dû s'éclipser de la scène politique durant quelques semaines sans raisons apparemment justifiées.
Laurent Gbagbo a trahi le combat de Mamadou Koulibaly.
Et cela ne date surement pas de son dernier discours au port d'Abidjan où le "christ de Mama" inaugurait le terminal à conteneurs de Vridi avec Bolloré, désormais quasi-"propriétaire du port d'Abidjan.
Gbagbo a retracé, avec apologie, les relations économico-coloniales qu'entretient la France avec la Côte d'Ivoire et vanta la France comme un solide partenaire au développement économique de la Côte d'Ivoire.
Oui, personne ne peut dénier ce fait qui est dû à la vision d'Houphouet qui confia , aux sorties des indépendances, les clés de l'économie à la métropole coloniale française et donc à ses industries.
Mais que peut-on dire de la nature de ce type de coopération qui fut plus tard qualifier de France-Afrique ( version économique)?
que peut-on dire de "l'équitabilité" des bénéfices tirés des co-contractants (État ivoirien et industries françaises)?
Cette situation de monopole industriel français est-elle vraiment profitable à la jeune nation qu'est la Côte d'Ivoire?
Ce sont évidemment ces questions qui pourraient nous mener à saisir la justesse des revendications de Mamadou Koulibaly.
Depuis des décennies, ces industriels français motivés par l'avidité du capitalisme usent de tous les stratagèmes politiques et coercitifs pour maintenir, pire, accroitre les bénéfices des Entreprises françaises installées dans les ex-colonies.
Gbagbo , à cette inauguration, a fait l'historique du Port d'Abidjan, pensé en 1893, en même temps que la ville qui allait se développer autour (Abidjan), et le chemin de fer devant relier Abidjan au Niger, en passant par la Haute Volta, devenue Burkina Faso. « Sans le Port, il n'y aurait pas de ville d'Abidjan, de chemin de fer, d'aéroport, de routes.... Tous s'intègrent, et il nous faut continuer à travailler à l'intégration de toutes ces infrastructures. Nous travaillons au développement du Port, de l'aéroport, mais aussi à celui du chemin de fer, et des routes », a dit le Président Gbagbo.
Il est vrai que le port fournit plus de 80 % des recettes douanières du pays, et donc en plus de constituer une zone "privilégiée" du pouvoir en place , elle est l'objet aussi des convoitises au niveau du marché ; par conséquent, il faudrait donc laisser les mécanismes du marché déterminer l'offre la plus profitable afin de réaliser la meilleur opération économique : ce qui n'a pas été le cas dans le cas du terminal à conteneurs de Vridi attribué de manière scandaleuse à Bolloré. Jean louis Billon a pendant plusieurs semaines fait écho de son indignation quant aux irrégularités dans cette transaction ; aujourd'hui, il est "injustement" sanctionné par la SETV(société d'exploitation du terminal appartenant à Bolloré) quant à la prise en charge des conteneurs de la SIVOM (société dont il est propriétaire Jean Louis Billon) au terminal en question.
Jean Louis Billon a-t-il eu raison de décrier cette transaction ?
Je n'en sais rien mais je sais que 3 acteurs majeurs sont intimement liés dans cette transaction par un certain Cercle d’Amitié et de Soutien au Renouveau Franco-Ivoirien (CARFI).
Il s'agit de Koudou laurent Gbagbo (membre de l'organisation), Gossio Marcel ( vice-président du CARFI) et un dénommé Jean-Pierre Camoin appartenant , comme par enchantement, au Groupe Bolloré et président du CARFI.
Ceci expliquant cela
sans oublier pendant cette même période, fin 2003 et premier semestre 2004 sont marqués, en plus de l’achat des armes françaises par Gbagbo, par l’acquisition française de marchés : Alcatel, Technip et Bivac ...
Malgré l'incursion économique de l'Afrique du Sud en fin 2004( projet de construction de l'aéroport de San-pédro et aussi l'entrée de MTN dans le secteur de la téléphonie) dû évidemment au désaccord né de la suite de l'opération dignité qui révéla les qualités de roublardise quant à la confiance qui se réinstallait progressivement en Gbagbo et le Lobby politico-économique Français.
Aujourd'hui, l'épisode du terminal à conteneurs montre que Gbagbo semble être asujetti au bon vieux système de la France-Afrique avec des français opportunistes qui exploitent les divergences à relent hégémonique des partis politiques ou claniques de côte d'ivoire.
Je comprends de mieux en mieux le combat de Mamadou Koulibaly lorsqu'il indexe , non pas l'Etat Français dans sa politique générale , mais plutôt un Lobby de dirigeants politiques et d'industriels français qui "s'accaparent" l'exploitation des richesses naturelles et potentialités économiques des ex-colonies africaines et évite , peut-etre, ainsi de sérieux bouleversements dans l' économie de la métropole française...
Mamadou n'a pas vraiment tord dans le fond de son combat contre les servitudes établies par les accords de défense de 1961 entre certains présidents d'Afrique francophone et la France "Gaullienne".
C'est tout ce système, dont ont bénéficiés quelques politiciens africains, qu'il faut "casser" pour construire l'émergence d'une Afrique réellement libérale, privilégiant les mécanismes du marché et qui puisse réguler efficacement son économie.
Si c'est cela le combat de Mamadou Koulibaly, tel que je le comprends, je crois effectivement qu'il est légitime mais sa famille politique semble aujourd'hui s'en éloigner, vu la teneur du discours que Gbagbo a adressé à Bolloré.
Cependant je reste encore sceptique quant aux chances qu'à Koulibaly pour mettre en pratique ces théories s'il semble toujours dans l'ombre de politiciens ayant vraisemblablement détourné le dos à l'idéologie "refondatrice" initiale.
Gbagbo est devenu un France-Africain par excellence, et il vient de le prouver au port d'Abidjan notamment quant à l'apologie faite à la France et surtout à l'opacité de la transaction entre l'État de Côte d'Ivoire relative au terminal à conteneurs.
Gossio Marcel est le pion de Gbagbo et son inamovibilité lors la crise des déchets toxiques le prouve amplement.
On peut espérer des horizons où Mamadou Koulibaly se donnerait plus de moyens pour mettre à exécution sa vision économico-politique sans bien sûr comprendre certains des actes qu'il pose actuellement.
J'espère donc pour lui plus de liberté politique dans les années à venir, sinon un jour, sa disparition telle celle du « Négritudien » Aimé Césaire (ce que je ne souhaite pas bien sûr), ressemblera à une symphonie inachevée...
21:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires
Pourquoi tant de dédain envers le Président Gbagbo ?
Soyons indulgeant, réaliste et impartiale dans nos analyses.
Certes, Mamadou Coulibaly (que je respecte) à des idées novatrices pour son pays, cependant l'atmosphère est elle propice pour une révolution brutale de ce genre ?
Gbagbo après son élection à la magistrature Suprème, avait emprunté cette voie en vue de mettre fin pétit à pétit à cette infantilisation de la Côte d'ivoire vis à vis de la France.
S'en est suivie la Colère de "Feu" Jacques Chirac, d'où la froideur des rélations entre les deux chefs d'état et par la suite la bi-partition du pays via l'action des rebelles...
A partir de ce moment, les données changent et il faut jouer du mieux qu'on peut avec les cartes qu'on a.
Ne confondons pas vitesse et précipitation.
C'est bien d'avoir des idées revolutionnaires, mais il faut trouver les moyens et un environnement propice pour les mettre en valeur.
Ce Monsieur aime ce pays autant que nous, alors il ne ferais rien pour l'enfonçer.
Fait en toute objectivité une analyse profonde en incluant la Conférence de Berlin, les rélations inter-étatiques (entre grandes-puissances économiques notament ) et la mondialisation. Tu verras que c'est très compliqué et ça le deviendra de plus en plus.
Alors il faut garder le cap et attendre le bon moment.
Vive la Côte d'Ivoire, Vive l'Afrique et paix partout dans le monde.
Ecrit par : Claudus | 24.04.2008
En résumé, même si je ne porte pas forcement Koulibaly dans le coeur (politiquement) , je reconnais , malgré ses frasques, qu'il reste constant dans sa ligne et s'éloigne de toute langue de bois, contrairement à Gbagbo qui use de démagogie, de populisme et de roublardise pour pérenniser son statut présidentiel mal acquis depuis octobre 2000.
Sa bouche contredit toujours ses actions.
Si j'étais un religieux, j'aurais dit que Dieu punit Gbagbo pour ses péchés "politiques"...
C'est sûr que Gbagbo a des sympathisants mais moi je fais partie de ses détracteurs ( il n'y a point de Dédain, ni de haine).
La côte d'ivoire a d'abord besoin d'un président plébiscité par la majorité populaire et non un président "calamiteux" en plus incompétent et faisant preuve d'amateurisme dans ses fonctions....
Décidément les élections
Ecrit par : Krathos | 24.04.2008
Bien dit, Krathos ! Claudus a quand même l'esprit un peu tordu pour confondre ce roublard avec un idéologue stratège qui ne trouverait pas le moment propice.
Ecrit par : Kocowoulou | 25.04.2008
Je suis heureux de voir qu'une portion toujours plus importante d'ivoiriens font la disctinction Koulibaly/FPI. Non pas par inclinaison pour l'homme mais parce que cela révèle que progressivement, le peuple ivoirien théorise.
Quant à la mise en oeuvre, c'est une autre histoire. Mais les signes d'une évolution de la pensée sont là.
Ecrit par : poukoi | 27.04.2008
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