« 2008-03 | Page d'accueil
| 2008-05 »
27.04.2008
La politique de la diversion
Il y'a encore quelques semaines, le nouvel économiste improvisé de Mama nous disait que la flambée des prix était un phénomène dû essentiellement à l'inflation importée , plus simplement, l'influence des prix en croissance de produits importés sur le pouvoir d'achat ivoirien ; il a fallu lui rappeler certains facteurs endogènes (ivoiriens) qui ont envenimé cette crise.
Sinon comment comprendre que ce soit une poignée de pays, à mon avis mal gérés, où on ait connu des manifestations populaires ?
Parlant bien sûr, du racket policier sur les axes de transport des produits vivriers locaux, l'insuffisance de la production locale alors que les conditions naturelles y sont favorables...
Tandis que le "christ" de Mama se débat , comme à son habitude , pour trouver des alibis à son incompétence généralisée et plus précisément à son incapacité à "anticiper" les crises, il y'a bien sûr "l'intellectuel" du FPI (Mamadou Koulibaly) qui rame dans l'autre sens.
Il affirme ouvertement que la flambée des prix n'est pas internationale sans pour autant essayer de noyer le poisson car il semble étendre la responsabilité de son "chef", du "parti au pouvoir" auquel il appartient, à toute la nation ivoirienne.
Il dit : "on a semé le cafouillage dans ce pays ".
mais de qui s'agit-il précisément dans le terme "on"? Pourquoi ne pas situer directement les responsabilités techniques quand on sait l'acuité intellectuelle dont l'individu semble se prévaloir ?
Lorsqu'il fustige le racket des forces armées qui induirait une augmentation des denrées produites au plan national, pourquoi n'indexe -t-il pas directement les structures administratives(directions de la police et gendarmerie, ministère de tutelle...) chargées de faire respecter la législation en vigueur ?
la corruption, l'impunité et le laisser-aller ont été aujourd'hui institutionnalisés en Côte d'Ivoire et "reconnus" par le président qui semble bien s'en accommoder ; alors que fait donc Koulibaly pour soulever ces responsabilités au sommet de l'État?
Comme à l'accoutumée, il faut que cet individu nous rabâche la condition sin aqua non de la "paix" qui serait le préalable à une quelconque réorganisation du pays ; mais à ce que je sache , ce n'est tout le territoire qui a été occupé par les rebelles. Il y' avait encore une partie du territoire sous autorité gouvernementale qui a été complètement négligée , voire méprisée.
Lorsqu'ont été déversés impunément les déchets toxiques dans la ville abidjanaise, était-ce l'œuvre des rebelles ou de la "France colonisatrice" (ennemi premier de Koulibaly)???
Gbagbo n'a rien fait pour rétablir l'honneur des ivoiriens bafoué, pire, il a reconduit son "représentant"(Gossio Marcel au port d'Abidjan) du réseau "lobbyste" de Jean Pierre Camoin(groupe Bolloré ): le Cercle d’Amitié et de soutien au Renouveau Franco-Ivoirien qui , à vrai dire, est une structure "françafricaine" mise en place afin de garantir la réciprocité d'intérêts malhonnêtes entre 2 clans ...
Qu'a fait Koulibaly pour , au moins, dénoncer cette gifle aux ivoiriens qu'a été le scandale des déchets toxiques ?
Koulibaly a été muet sur la question ; il n'a rien pu dire à part rassembler ses forces pour dénigrer plus tard la France-Afrique qui est, en réalité, associée au pouvoir FPI.
Koulibaly préfère faire diversion afin de faire croire aux ivoiriens que cette chienlit est due aux rebelles, éternels souffre-douleurs de l'incompétence de la refondation, de l'incompétence de Koulibaly et de ses pairs...
A-t-on encore besoin de soulever la prédation extrême des tenants actuels du pouvoir (clan Gbagbo et clan Soro) sur les mamelles de l'économie ivoirienne ( exploitation frauduleuse de ressources naturelles, détournements de fonds publics, attribution scandaleuse des budgets de fonctionnements de la présidence et de la primature etc ...)???
il faut se remplir les poches en attendant le débarquement final des élections , instrumentaliser des intellectuels fictifs et frileux pour distraire l'opinion publique sur les véritables causes de la chienlit et de la précarité au sommet de l'État.
Une crise armée de quelques mois ne justifie pas l'usage de subterfuges dilatoires pour se maintenir au pouvoir, ne justifie point les pillages de deniers publics restés impunis, l'incompétence à gérer un État même en difficulté sinon à quoi servirait un chef, un guide dans un groupe humain ???
un État se gère de manière exemplaire même dans les moments difficiles; c'est en cela qu'on reconnait des héros et non des usurpateurs de légitimité, d'innocence qui s'enorgueillissent d'un soi-disant mérite à payer exclusivement des salaires de fonctionnaires....
Un pouvoir, qui a de telles ambitions, mérite quoi selon vous ?
Un président qui ne contrôle rien (voir Mamadou Koulibaly) mérite quoi selon vous ?
un pseudo-révolutionnaire, qui se répand dans des discours populistes et démagogues sans pouvoir y adjoindre les actes qu'il faut, mérite quoi selon vous ?
Des élections, s'il y'en a , le diront ...en attendant je rumine ma nostalgie de l'époque où 70 % des ivoiriens pouvaient manger plus d'une fois dans le jour, où les jeunes diplômés n'étaient pas contraints à être des miliciens ou gérants de box téléphonique, où on avait de vrais intellectuels aguerris à la chose publique qui malgré les imperfections, garantissaient le pain quotidien des ivoiriens.
La Divinité suprême nous a fait connaitre presque le pire avec ces vautours "reb-fondus"(néologisme de Koulibaly) pour qu'on sache choisir au moment venu.
14:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18.04.2008
Gbagbo a trahi Koulibaly


Gbagbo a trahi Koulibaly, Laurent Gbagbo a trahi les thèses de la refondation, les idéaux si chers à Mamadou Koulibaly.......
Koulibaly est un anti-france-Afrique reconnu de tous; on pourrait croire que le fond de ses convictions (la forme ne suit pas encore pour des coercitions politiques) est erronée mais une analyse économique approfondie de la côte d'ivoire post-coloniale nous ouvre les yeux sur la justesse de son aversion quant à la version économique de la France-Afrique (exploitation mal rémunérée des richesses naturelles et opportunités africaines par des industries françaises dont les "capitaines" sont des pions de choix , en général, des dirigeants français).
Mamadou Koulibaly voit loin mais il n'a pas encore le cran, ou plus raisonnablement , les chances de développer/mettre à exécution librement ses idées sans que sans vie ne soit mise en danger.
Mamadou Koulibaly est bien sûr un génie dont la vie politique a été dévoyé" par son rattachement aux idéaux du FPI des années 90, qu'il a lui même influencé en y insérant des valeurs libérales.
détourné en ce sens que Koulibaly se voit contredit par les actes posés depuis quelques années par Laurent Gbagbo, son chef de file.
Quelqu'un me disait que le jour où Koulibaly oserait se présenter aux élections présidentielles, il le voterait; il est assurément dans le vrai car la seule variable qui manque à son "modèle politique" demeure le terreau propice à l'expérimentation de ses thèses.
Ce terreau se résume à une situation sociale plus paisible, une mise à l'écart éventuelle de l'environnement malsain et « gabégique » que représente le FPI, depuis l'avènement au pouvoir.
L'homme est depuis quelque temps surveillé de près par ses comparses du FPI qui voit en lui, un probable obstacle à la vision alimentaire de certains pontes du régime en question (déviationnistes de la refondation); en effet, Koulibaly s'exprime rarement sur certains faits susceptibles de mettre à mal l'intégrité morale de ses "frères politiques" notamment le scandale des déchets toxiques, les détournements de la filière café-cacao et autres........
Lorsqu'il a essayé d'en parler, il a dû s'éclipser de la scène politique durant quelques semaines sans raisons apparemment justifiées.
Laurent Gbagbo a trahi le combat de Mamadou Koulibaly.
Et cela ne date surement pas de son dernier discours au port d'Abidjan où le "christ de Mama" inaugurait le terminal à conteneurs de Vridi avec Bolloré, désormais quasi-"propriétaire du port d'Abidjan.
Gbagbo a retracé, avec apologie, les relations économico-coloniales qu'entretient la France avec la Côte d'Ivoire et vanta la France comme un solide partenaire au développement économique de la Côte d'Ivoire.
Oui, personne ne peut dénier ce fait qui est dû à la vision d'Houphouet qui confia , aux sorties des indépendances, les clés de l'économie à la métropole coloniale française et donc à ses industries.
Mais que peut-on dire de la nature de ce type de coopération qui fut plus tard qualifier de France-Afrique ( version économique)?
que peut-on dire de "l'équitabilité" des bénéfices tirés des co-contractants (État ivoirien et industries françaises)?
Cette situation de monopole industriel français est-elle vraiment profitable à la jeune nation qu'est la Côte d'Ivoire?
Ce sont évidemment ces questions qui pourraient nous mener à saisir la justesse des revendications de Mamadou Koulibaly.
Depuis des décennies, ces industriels français motivés par l'avidité du capitalisme usent de tous les stratagèmes politiques et coercitifs pour maintenir, pire, accroitre les bénéfices des Entreprises françaises installées dans les ex-colonies.
Gbagbo , à cette inauguration, a fait l'historique du Port d'Abidjan, pensé en 1893, en même temps que la ville qui allait se développer autour (Abidjan), et le chemin de fer devant relier Abidjan au Niger, en passant par la Haute Volta, devenue Burkina Faso. « Sans le Port, il n'y aurait pas de ville d'Abidjan, de chemin de fer, d'aéroport, de routes.... Tous s'intègrent, et il nous faut continuer à travailler à l'intégration de toutes ces infrastructures. Nous travaillons au développement du Port, de l'aéroport, mais aussi à celui du chemin de fer, et des routes », a dit le Président Gbagbo.
Il est vrai que le port fournit plus de 80 % des recettes douanières du pays, et donc en plus de constituer une zone "privilégiée" du pouvoir en place , elle est l'objet aussi des convoitises au niveau du marché ; par conséquent, il faudrait donc laisser les mécanismes du marché déterminer l'offre la plus profitable afin de réaliser la meilleur opération économique : ce qui n'a pas été le cas dans le cas du terminal à conteneurs de Vridi attribué de manière scandaleuse à Bolloré. Jean louis Billon a pendant plusieurs semaines fait écho de son indignation quant aux irrégularités dans cette transaction ; aujourd'hui, il est "injustement" sanctionné par la SETV(société d'exploitation du terminal appartenant à Bolloré) quant à la prise en charge des conteneurs de la SIVOM (société dont il est propriétaire Jean Louis Billon) au terminal en question.
Jean Louis Billon a-t-il eu raison de décrier cette transaction ?
Je n'en sais rien mais je sais que 3 acteurs majeurs sont intimement liés dans cette transaction par un certain Cercle d’Amitié et de Soutien au Renouveau Franco-Ivoirien (CARFI).
Il s'agit de Koudou laurent Gbagbo (membre de l'organisation), Gossio Marcel ( vice-président du CARFI) et un dénommé Jean-Pierre Camoin appartenant , comme par enchantement, au Groupe Bolloré et président du CARFI.
Ceci expliquant cela
sans oublier pendant cette même période, fin 2003 et premier semestre 2004 sont marqués, en plus de l’achat des armes françaises par Gbagbo, par l’acquisition française de marchés : Alcatel, Technip et Bivac ...
Malgré l'incursion économique de l'Afrique du Sud en fin 2004( projet de construction de l'aéroport de San-pédro et aussi l'entrée de MTN dans le secteur de la téléphonie) dû évidemment au désaccord né de la suite de l'opération dignité qui révéla les qualités de roublardise quant à la confiance qui se réinstallait progressivement en Gbagbo et le Lobby politico-économique Français.
Aujourd'hui, l'épisode du terminal à conteneurs montre que Gbagbo semble être asujetti au bon vieux système de la France-Afrique avec des français opportunistes qui exploitent les divergences à relent hégémonique des partis politiques ou claniques de côte d'ivoire.
Je comprends de mieux en mieux le combat de Mamadou Koulibaly lorsqu'il indexe , non pas l'Etat Français dans sa politique générale , mais plutôt un Lobby de dirigeants politiques et d'industriels français qui "s'accaparent" l'exploitation des richesses naturelles et potentialités économiques des ex-colonies africaines et évite , peut-etre, ainsi de sérieux bouleversements dans l' économie de la métropole française...
Mamadou n'a pas vraiment tord dans le fond de son combat contre les servitudes établies par les accords de défense de 1961 entre certains présidents d'Afrique francophone et la France "Gaullienne".
C'est tout ce système, dont ont bénéficiés quelques politiciens africains, qu'il faut "casser" pour construire l'émergence d'une Afrique réellement libérale, privilégiant les mécanismes du marché et qui puisse réguler efficacement son économie.
Si c'est cela le combat de Mamadou Koulibaly, tel que je le comprends, je crois effectivement qu'il est légitime mais sa famille politique semble aujourd'hui s'en éloigner, vu la teneur du discours que Gbagbo a adressé à Bolloré.
Cependant je reste encore sceptique quant aux chances qu'à Koulibaly pour mettre en pratique ces théories s'il semble toujours dans l'ombre de politiciens ayant vraisemblablement détourné le dos à l'idéologie "refondatrice" initiale.
Gbagbo est devenu un France-Africain par excellence, et il vient de le prouver au port d'Abidjan notamment quant à l'apologie faite à la France et surtout à l'opacité de la transaction entre l'État de Côte d'Ivoire relative au terminal à conteneurs.
Gossio Marcel est le pion de Gbagbo et son inamovibilité lors la crise des déchets toxiques le prouve amplement.
On peut espérer des horizons où Mamadou Koulibaly se donnerait plus de moyens pour mettre à exécution sa vision économico-politique sans bien sûr comprendre certains des actes qu'il pose actuellement.
J'espère donc pour lui plus de liberté politique dans les années à venir, sinon un jour, sa disparition telle celle du « Négritudien » Aimé Césaire (ce que je ne souhaite pas bien sûr), ressemblera à une symphonie inachevée...
21:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15.04.2008
C'est le moment
C'est le moment, le PDCI doit maintenant prendre ses responsabilités
.
Voila bientôt plus de 3 ans que les élections tardent à venir en Côte d'Ivoire; tous les stratagèmes malhonnêtes et dilatoires ont été mis en place par le clan présidentiel et son nouvel associé rebelle.
De la multitude d'accords signés à maintenant (avril 2008), on constate qu'une nouvelle rallonge supposée "technique" vient d'être accordé à ce pouvoir calamiteux qui n'a aucun sens de la responsabilité.
Pour des contraintes de calendrier, les élections ont été repoussées
Une bande de reptiles affamés qui "sucent" sans répit les deniers publics d'une part ( la refondation) et des malhonnêtes qui exploitent frauduleusement une partie du territoire ivoirien.
Le pays subit le courroux de cette racaille "bipartite" sans que les partis dits d'opposition( PDCI, RDR, UDPCI etc ...) ne puissent réellement marquer leur opposition véritable à ce pouvoir indécent et "sale".
Depuis les massacres subies par leurs militants en mars 2004 , les mesures qui s'imposaient vraisemblablement n'ont pas été prises de sorte qu'aujourd'hui, le christ de Mama n'hésite pas à dire qu'il partage le pouvoir avec ceux qui sont censés constituer l'opposition politique.......
On ne peut être un militant de ces partis "dits" d'opposition sans pouvoir dénoter ces faits incompréhensibles.
existe-t-il vraiment une opposition politique en Côte d'Ivoire ?
Que font réellement ces leaders pour montrer aux ivoiriens qu'ils ne sont pas co-responsables du bilan désastreux de la "reb-fondation"?
Que diront -ils pendant la campagne quant à cette rengaine des militants du FPI selon laquelle tous les partis sont comptables du bilan "gbagbo-éen" ?
c'est le moment pour le PDCI, pour son président Henri Konan Bédié de montrer à ses militants et aux ivoiriens qu'il ne peut encore accepter cette énième rallonge dont les responsables sont bien connus : Gbagbo et Soro.
Le PDCI doit se désolidariser de cette comédie de gouvernement; oui, le PDCI doit quitter le gouvernement pour se consacrer intégralement à ses activités de parti d'opposition.
Le PDCI doit perfectionner de plus en plus sa politique de sensibilisation et de proximité en donnant les moyens à ses structures (JPDCI, UF-PDCI, Les Rénovateurs, Secrétariat Général etc ...)
On veut voir un parti plus actif qui ne vit pas qu'au rythme des tournées de son président. Le PDCI doit être un parti en mouvement qui confie plusieurs tâches à ses responsables de sectioncar le PDCI est encore une grosse machine un peu endormi.Les militants restent assoiffés des directives de leur responsables.
Le geste le plus important pour ce parti, tout comme les autres partis d'opposition que sont le RDR, L'UDPCI etc..., semble être la démission au gouvernement car en faire partie est assurément une part de "fausse" responsabilité qu'on accepte sans broncher et au moment venu, le "boulanger" et ses suiveurs n'hésiteront pas à s'en servir.
Le désaveu ne doit pas être que verbal lors des meetings mais également dans la prise de décisions et dans les actes politiques quotidiens.
C'est le moment de démissionner, c'est le moment d'organiser véritablement le retour au pouvoir , c'est le moment pour Bédié de jouer sa dernière carte qu'il semble actuellement hypothéquer.......
C'est le moment de prendre ses responsabilités car les ivoiriens attendent beaucoup des bâtisseurs de leur nation.
Les vendeurs d'illusion, on en a assez.
01:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.04.2008
Mamadou Koulibaly VS Charles Konan Banny (1)
Charles Konan Banny et Mamadou Koulibaly, deux figures intéressantes que j'ai toujours confronté dans mes réflexions sur les questions monétaires et économiques de la zone monétaire ouest-africaine.
Dans cette première partie, je tenterai de retracer leurs cursus (scolaire et professionnel) et de décrire quelque peu l'environnement qui les a vu émerger sur la scène politique ivoirienne.
Ces deux personnes symbolisent une certaine dualité en plusieurs domaines ; en matière de fondement idéologique ( conservatisme et libéralisme "exacerbé" ), politique ( PDCI et FPI ), et surtout, pour le domaine qui m'intéresse le plus : l'économie.
En effet, le constat qui s'impose à nous est le suivant : Mamadou Koulibaly est plutôt un spécialiste de la théorie
économique ( économie normative ) tandis que Charles Konan Banny s'est illustré durant des décennies d'activité professionnelle au cœur des instances économiques et monétaires de la sous-région ouest-africaine, notamment en tant que technocrate à la BCEAO ( économie positive ).
Charles Konan Banny est né à Divo en 1942 et a obtenu un DES( Diplôme d'études supérieures ) à l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales de Paris (ESSEC) et commence sa carrière professionnelle en 1969 au poste de chargé de mission à la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles en Côte d'Ivoire (Caistab); en 1970, il rejoint l'Organisation inter-africaine du café (OIAC, siégeant aujourd'hui à Abidjan), où il a occupé le poste de secrétaire général adjoint, puis celui de secrétaire général.
Il commence à tracer son itinéraire de banquier en 1976, avec son entrée à la BCEAO. Dix ans plus tard, il est devenu directeur national de la BCEAO pour la Côte d'Ivoire. Après le départ d'Alassane Ouattara en 1990, il devient gouverneur par intérim de la BCEAO de 1990 à 1993, puis confirmé officiellement dans son poste de gouverneur de la BCEAO , mandat qui a été renouvelé une fois jusqu'à son départ pour la primature ivoirienne.
On se rend donc compte que c'est presque 15 ans passé au "gouvernorat" de la BCEAO qui nous indique ce technocrate confirmé comme étant l'une des personnes les mieux habilités à nous entretenir sur la "vie monétaire" de notre zone économique.
On comprend ainsi le bien-fondé de cette opposition imaginée entre lui et Mamadou Koulibaly, l'apôtre de la "mort" du Franc CFA pour l'émergence d'une monnaie nationale, au cours flexible, qui nous délivrerait du "joug" du néocolonialisme français. ( question économique jalousement réservée à la deuxième partie ).

Charles konan Banny est une nouvelle figure qui se cherche une place dans la sphère politique ivoirienne, en particulier dans son parti : le PDCI où les successeurs du presque octogénaire Bédié commence à se livrer une petite guerre muette. Longtemps éloigné, du fait de son statut apolitique de gouverneur central, l'homme a suscité de nombreuses interrogations dans son parti quant à sa réelle volonté de "retourner en famille" ; certains lui auraient reproché ses velléités d'indépendance et de divorce d'avec le "vieux parti". Aujourd'hui, tout semble plus clair .......

Quant à Mamadou Koulibaly, natif d'Azaguié en 1957 ,il obtient en 1982 sa maîtrise en Economie publique et s'envole plus tard pour la France d'où il obtient son Doctorat en Sciences Economiques puis décroche en 1987 son agrégation .
Son cursus professionnel est notamment centré sur la théorie économique, l'enseignement (professeur d'université ) et autres activités de recherche et de publication d'ouvrages qui lui permettent de se constituer une certaine bibliographie politico-économique. A l'avènement de son parti politique(fpi) au pouvoir en 2000, il dirige furtivement quelques ministères-clés, d'ailleurs propice à l'expérimentation de son combat littéraire avant de se terrer, je ne sais pour quelles raisons, à l'assemblée nationale.
L'homme se distingue par son extrême aversion à l'encontre des "colons français" et n'hésitent pas à leurs attribuer la responsabilité des déboires de la jeune nation ivoirienne. Dernièrement après son fameux écrit: " le blues de la république " qui l'a vraisemblablement éloigné de la scène politique pendant un bon moment, Koulibaly revient avec son combat longtemps endormi sur "les servitudes du pacte colonial" et ses diatribes sur le Franc Cfa qui serait , selon lui, un moyen d'oppression et d'exploitation du colon français ......
Avis que ne partage pas naturellement Charles Konan Banny, ex-gouverneur de la Banque centrale, puisqu'il vante plutôt la santé "MONETAIRE" de l'institution qu'il a dirigé durant 15 ans et confié sereinement à ses successeurs ; Banny fustige plutôt l'efficacité et la fiabilité des politiques publiques mises en place par les Etats-membres ...
bref, décidément la rédaction de la deuxième partie pour mieux soulever les divergences entre ces 2 économistes qui soulèvent à nouveau le sempiternel débat entre économie normative et économie positive dont chacun d'eux pourrait être le principal défenseur en Côte d'ivoire .
*(l'économie positive est factuelle et rassemble les explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de l'économie; le cadre est strictement basé sur l'efficience de la décision économique )
*(l'économie normative fournit des prescriptions ou recommandations sur des jugements de valeur personnels; la question sur la valeur morale que tels groupes d'individus ou de populations accordent à une décision économique est prédominante. exemple du libellé "franc" de la monnaie ivoirienne et de son rattachement de principe à l'ex-métropole-colonisatrice. )
06:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
05.04.2008
Qui veut du riz ???

Qui veut du riz ? qui veut de l'oignon ? qui veut de la banane ?
gbagbo a une solution pour toi ; tu n'auras plus besoin de descendre dans les rues tout en exposant aux balles réelles assassines de la police ou autres milices à la solde du pouvoir fpi.
Bientôt Gbagbo va proposer au conseil des ministres de grands projets pour les jeunes à propos de la culture de la banane , de l'oignon et du riz .
Ainsi, on pourra mieux résorber le phénomène de "l'inflation importée" tel que décrit par notre chef-patriote-danseur à la rue princesse car n'est ce pas à la suite de ces évènements de mécontentement populaire quant à la flambée des prix que cette grande politique agricole a été élaborée ???
Gbagbo est un grand économiste, ou dispose plutôt de conseillers en économie très efficaces en matière de politique d'intervention publique.
Peut-être que la dernière idée si ingénieuse de gbagbo vient de Koulibaly Mamadou ???
En effet, lors de la rencontre qu'il a initiée avec les consommateurs et les commerçants, le mercredi 02 avril 2008 au palais présidentiel, Gbagbo s'adressait aux Jeunes ivoiriens en ces termes:“Qui veut planter du riz ? Est-ce que vous êtes prêts à cultiver le riz ? Si vous êtes prêts à le faire, je vais proposer en conseil des ministres qu'on équipe les jeunes. On va leur donner quelques moyens pour cultiver le riz, la banane, l'oignon. Bientôt, nous allons ouvrir des bureaux pour que les jeunes s'inscrivent "
La solution à l'inflation importée selon Gbagbo se trouve en quelque sorte dans l'encouragement des jeunes, en tous cas pour les volontaires, à pratiquer sans véritable politique de suivi et de contrôle des plantations de produits vivriers bizarrement restreints à au riz, à la banane et à l'oignon (!!!)
Avec tout cela on nous dit que la Côte d'Ivoire sous la refondation est celle des grandes ambitions.
Pourtant les exemples d'échec total ou souvent partiel des politiques agricoles appliquées par les pouvoirs précédents au régime gbagbo sont d'un sage conseil.
Quand on sait qu'à une certaine époque , les marchés d'importation de matières premières de base étaient réservés au cadre "clientéliste" des dirigeants de l'époque, la production agricole locale était assez faible et de qualité approximative, les infrastructures de recherche agricole ne donnaient pas totalement satisfaction ...
en clair, les erreurs du passé devraient servir à construire les réussites de demain mais je connais la rengaine : la guerre, la guerre, la guerre .... qui devient l'alibi de la chienlit et du laisser-aller à la tête de l'Etat.
Qui veut du riz? qui veut de l'oignon ? qui veut de la banane?
mon frère jeune si tu es concerné par la proposition de Gbagbo, tu dois pouvoir faire le sacrifice des années d'études universitaires, celui d'une confiance aveugle à un système actuel dont on est convaincu du laxisme et de la corruption, celui de se jeter dans l'incertitude d'une mesure dilatoire ou d'une réelle volonté de politique conjoncturelle....
Cependant en attendant de voir réaliser cette énième belle promesse , tu ferais mieux de rester à la maison au lieu d'exposer ton crane aux balles assassines du pouvoir .
Si tu es ténaillé par la faim, mieux vaut rester devant ton poste téléviseur à voir le président et sa cohorte de collaborateurs "alimentaires" se trémousser à la rue princesse. ou bien ????
Mieux vaut écouter Gbagbo dire aux ivoiriens qu'il a une priorité qui est "l'écureuil de la paix" et que les ivoiriens doivent attendre le retour de la paix avant de réclamer quoique ce soit .ou bien ???
Mais , jeune ivoirien, il reste tout de même un dernier recours si Gbagbo ne t'a pas convaincu ; tu pourras t'adresser à Mamadou Koulibaly , le spécialiste des questions économiques et monétaires .
Il devrait t'expliquer comment le Franc cfa est le principal responsable de la flambée exagérée et incontrôlée des prix en Côte d'Ivoire, un peu contradictoire à la thèse de Gbagbo relative à l'inflation importée.
que signifie "inflation importée"???
l'inflation importée correspond à la hausse généralisée et continue des prix, sous la contrainte des charges liées aux prix des matières premières importées( pétrole, riz, lait, sucre etc ....) ou également aux cours des devises dans lesquels sont libellés les importations utiles à la production ou consommation nationale .
Cependant, dans le cas ivoirien , on constate tout de même une "fiscalité parallèle" à travers les tracasseries routières et autres actions corruptrices poussant les commerçants à amplifier le phénomène de hausse des prix, se répercutant ainsi plus gravement sur les populations.
Les ivoiriens ont décidé d'envoyer un signal fort aux dirigeants : le peuple ne "mange" pas l'accord de ouagadougou donc Gbagbo et ses "amis" doivent suivre plusieurs écureuils à la fois pour satisfaire tout le village, sinon les prochaines fois risquent d'être moins clémentes envers ce pouvoir de "rallonge".
05:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
