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08.05.2008

Patriotisme économique ou patriotisme de diversion

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La politique de la diversion semble être la nouvelle trouvaille de la famille refondation ; peu après les interventions médiatiques de Mamadou Koulibaly, Simone Gbagbo et Affi N'guessan dont les propos tendent à promouvoir autant le pessimisme quant aux élections pour les uns qu'un optimisme à peine esquissée du bout des lèvres chez les autres.
Raison pour laquelle, l'ex-bloc rebelle savamment (???)renommé "forces nouvelles" a exprimé, par voie de courrier, son incompréhension au clan FPI relativement au dénigrement du processus électoral par certains des leurs...

Ce n'est qu'une facette de ce que j'ai dénommé la politique de diversion; l'un des experts en la matière vient de confirmer le concept lors de son discours d’ouverture au salon international dédié aux petites et moyennes entreprises et aux industries.
Ainsi pendant qu'on "poursuit" exclusivement l'écureuil de la paix, on trouve donc du temps à consacrer à la côte d'ivoire économique, celle dont la santé est la garantie d'un État qui vit mais qui a été malheureusement méprisé.

Aujourd'hui,où l'on parle de plus en plus d'élections, notre "Messie bien-aimé" affirme qu'on doit réaliser le passage du patriotisme de résistance , en clair, le patriotisme alimentaire ou incitation à la délinquance juvénile, au patriotisme économique ou encore diversion à relent économique.

après avoir légitimé, par des individus dits "jeunes patriotes", l'exploitation honteuse de jeunes ivoiriens surexcités qui croyaient défendre leur patrie alors qu'ils se constituaient gracieusement en "chair à canon" servant à couvrir la pérennisation d'un pouvoir calamiteux ,Notre cher "guide national" affirme qu'il faut sortir la jeunesse ivoirienne de cette "habitude française" (selon ses propres termes) qui consiste à tout attendre du "salariat" (situation de salarié), en clair de la fonction publique selon l'analyse que je fais des propos de Gbagbo mis dans leur contexte originel.

Lors de son discours, Gbagbo a dit : «Depuis sept ans que j’observe les Ivoiriens, je constate qu’ils veulent tous être des salariés. Une habitude bien française qui nous mène de l’Ecole normale, supérieure (ENA) ou l’école polytechnique à un poste de grand commis avec, si possible, un salaire confortable Il faut changer cette habitude. Car, tant que chacun croira qu’il trouvera son salut dans le salariat et le salariat seul, on ne pourra rien faire».

Sans bien sûr m'étaler sur la confusion ô combien insensée faite avec la culture d'assistance sociale française, ce paragraphe a suscité de nombreux questionnements en mon for intérieur .

En quoi consiste le rôle d'un État, et donc d'un chef d'État, en terme d'intervention publique afin de tendre vers l'optimum "parétien" (Wilfredo pareto), plus simplement, cette situation où l'allocation des ressources est telle que les agents économiques ne puissent trouver aussi bonne ou meilleure ?

En français simple, cela se résume au rôle de l'État dans l'assurance du bien-être des citoyens.

Aussi, à qui revient la charge d'assurer aux jeunes diplômés des portes de sortie (fonction publique-secteur privé- aides ou subventions à l'initiative privée-politique de développement régional et local etc ...) afin qu'on puisse aboutir un équilibre de plein -emploi, voire faire l'effort de tendre quelque peu vers cet idéal macro-économique sachant que nos pays dits "en voie de développement " n'insèrent pas de telles ambitions dans leur vision ???
Quelle est la responsabilité du jeune demandeur d'emploi lorsque la moindre opportunité d'emploi, même sous-évaluée, ne se présente jamais à lui, lorsqu'il n'existe aucune initiative étatique dans le sens d'une politique de financement, d'encadrement et de suivi de projets viables dont débordent ces jeunes diplômés?

En clair, il est totalement erroné de dire que les jeunes ivoiriens se complaisent dans l'assistanat et attendent quoique ce soit d'une fonction publique dont les multiples irrégularités et cas de corruption inhibent la performance et découragent ainsi les potentiels concernés qui n'ont pas de "réseaux clientélistes" en son sein.

Rappelons nous des rumeurs de listes "patriotiques" qui ont émaillé les nombreux concours de la fonction publique ivoirienne. Où était Gbagbo le président qui observe indéfiniment au lieu d'agir efficacement ?

Il faut le reconnaître, malgré la fameuse "crise", l'ivoirien fait bon nombre de petits boulots pour subvenir à ses besoins; il vivote malgré tout même si Gbagbo croit que l'effort de l'État sur le marché du travail/de l'emploi se réduit aux concours de la fonction publique .....

Gbagbo doit plutôt reconnaître que pendant que des allocations records et surtout rocambolesques sont faites aux Budgets de la présidence et de la primature, les jeunes, à qui, il a promis "l'emploi pour tous" croupissent dans la misère et le dénuement total s'ils ne sont pas contraints, depuis peu, de devenir miliciens pro-FPI ou je ne sais quoi d'autre encore comme vices.

Est-ce que Gbagbo nous a déjà expliqué pourquoi le budget de la présidence est passé de 15 à 60 milliards entre 1999 et 2008 ?
Pourquoi un rebelle, qui demeure un pourfendeur des valeurs républicaines, est gratifié d'un budget de 15 milliards dont on ne comprend sûrement pas l'utilité ?

L'argument futile de la guerre est devenu l'alibi de l'incompétence, pourtant le même Gbagbo reconnaît dans ce discours que des irrégularités de mauvaise gestion sont constatées dans l'administration et demeurent impunies jusqu'à présent , sans qu'on sache à quels niveaux se situent l'évolution des innombrables enquêtes lancées à coup de publicité.

Le pays est dit en guerre et les recettes douanières croissent, la croissance économique est tant bien que mal positive, l’industrie n'est pas totalement à plat ....de quoi donc constater que l'État vit économiquement malgré tout et devrait donc exercer, sans la moindre légèreté, son autorité au moins sous la partie sous contrôle; ce qui n'a pas été le cas.

Au lieu de reconnaître ces manquements à la tâche "théoriquement" confiée par le peuple, on préfère nous servir le fameux récital de la guerre ...

Que veut-on construire comme Nation si nous continuons de nous voiler la face avec des discours aussi irréalistes que démagogues ???

"Patriotisme économique" bla bla bla, on ne se réjouira point de tels concepts s'ils restent au stade de la "poésie politique" mais on espère plutôt que l'entame consistera à établir les responsabilités des innombrables détournements de deniers publics et à y appliquer sévèrement la loi.

Au vu des promesses passées restées stériles, je reste fortement pessimiste quant à ce nouveau slogan (patriotisme économique) qui ressemble, encore une fois, à de la diversion.

Commentaires

j'ai bien aimé votre analyse,gbagbo est tout simplement nul

Ecrit par : nia-wah | 08.05.2008

Bon texte Krathos. Tu sais bien comme moi, ce sont des paroles de campagnes electorales.En ce qui concerne la sortie de Simone,Affi et Mamkoul,c'est de la diversion, ces gens ne veulent pas d'elections car ils les perdront et seront minoritaires à l'Assemblée nationale.

Ecrit par : A.D l'houphouetiste | 08.05.2008

....et à ce propos, A.D l'Houphouetiste, c'est le fait que Gbagbo reste muet quand ces "lieutenants" commencent à torpiller la date électorale qu'il a lui même confirmé...
c'est un silence qui approuve toute cette diversion autour du processus électoral...

Ce patriotisme économique traduit tout le manque d'inspiration et d'alternative crédible dont souffre Gbagbo et ses pairs de la refondation .
Je commence à croire effectivement que "la prise du pouvoir" les a surpris.

Merci également à Vous Nia-Wah; nous nous exprimons pour l'essor de notre pays. Ou bien ?

Ecrit par : Krathos | 08.05.2008

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