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09.06.2008
Une lutte anti-corruption de façade
Personnellement, dans la forme , c'est un discours irréprochable ; la réalité des faits est décrite avec beaucoup de pragmatisme même si toute cette nouvelle mentalité qui sclérose le dynamisme du peuple ivoirien est corrélée au climat social délétère, à l'attitude parasite des plus hauts responsables de l'administration et de l'État ivoirien, et au récent laxisme de Gbagbo lui-même qui trouvait une logique cyclique à ces phénomènes....
Dans le fond, je relève premièrement la caractéristique électoraliste de cette nouvelle campagne contre la corruption et malgré cela, je suis content qu'il y ait eu déclic dans le laxisme révoltant de Gbagbo du moment où il semblait "serein" et insensible à ces faits de société que les journalistes lui décrivaient . Surement un conseil de communicateur, pour que l'amnésie et l'insouciance d'un président épris exclusivement de paix ( fictive )soient remplacées par la "rage"(fictive) d'un socialiste (fictif) qui mène depuis l'approche des élections( il ne faut pas l'oublier) une guerre(fictive) aux maux de la société....
J'ai encore en mémoire , son discours télévisé où l'homme semblait tellement occupé par cet écureuil de la paix , qui doit avoir un moteur de Mercedes Maybach à la place du cœur si bien qu'il est difficilement rattrapable dans sa course depuis déjà 6 ans ...
6 ans que Gbagbo refuse par des subterfuges d'attraper l'écureuil de la paix sachant qu'il ne sera pas le choix d'un suffrage universel plus crédible .
6 ans qu'on a laissé les maux de la société s'aggraver pour aujourd'hui s'arroger la blouse de médecin " corruptologue", comme si un président ça ne sert qu'à un objectif : la paix , la paix , la paix .....
Mais dites moi, à quoi sert la pléthore de ministères et l'énorme masse salariale apparemment improductive qui en dépend ? est-ce la mission exclusive du président de faire respecter les dispositions constitutionnelles que ce Gbagbo utilise de façon très sélective ?
Mais, même en Afrique, il existe des pays qui fonctionnent bien malgré le fait qu'une partie du territoire soit "annexée" par des rebelles ( exemple du Maroc ) .
Pourquoi pas nous, en côte d'ivoire , car on aurait pu donner une véritable leçon historique à cette rébellion qui serait même désavoué en son sein !!!
mais non, les escadrons de la mort et les détournements constituaient le quotidien des ivoiriens en ce temps-là; ne vous trompez surtout pas , comme le fit Ulysse Gosset (Journaliste de France 24), de demander des comptes au "Premier citoyen du pays" sur la situation des "exterminations politiques" ( Guy André Kieffer, Camara H, Dakoury Tabley Benoit, Le jardinier de Ouattara etc .... )
A chaque fois, il nous rabâche aux oreilles que la constitution lui permet de rester président en cas de troubles .... et bien, là ça l'arrange mais quand il s'agit de faire respecter la loi dans toute son étendue légale, la paix devient une priorité qui , comme par enchantement, endort les prérogatives naturelles d'un président et de son gouvernement.
On peut convoyer des illettrés et des "rapaces" à qui "balancer" ces énormités chaque semaine au palais présidentiel, mais ce discours reste insuffisant dans le fond.
C'est au président, et par suite au gouvernement,que revient la mission d'insuffler des dynamiques( politiques de reforme,d' austérité, objectifs conjoncturels etc ...) aux différents ministères parce qu'il y'a des hommes , choisis d'ailleurs par le président, pour mener ces différentes missions...
A chaque fois, Gbagbo prétend avoir le dernier mot mais à quoi nous a servi ce dernier mot quant à marcoussis et autres diversions ayant suivi ?
ou , peut-être que tous les ministères étaient centrés sur la paix ? la rue princesse était surement une étape importante à la paix ?le gouffre financier de la flamme ou nègrerie de la paix à Bouaké également ?
Récemment son chef d'Etat major semblait réclamer des centaines de millions aux Entreprises , comme si l'impot qu'elles payaient ne suffisait pas, comme si le préjudice subi par les tracasseries routières et la situation économique bancale ne suffisaient pas !!!
Après s'être axé sur le superficiel, c'est à l'approche des élections que les talents de président omnipotent ressurgissent , pourtant la guerre n'est pas encore fini, sinon depuis mars 2003, on n'aurait plus entendu qu'il existe des rebelles dans le nord du pays ou encore des rebelles récalcitrants qui s'opposent au désarmement .
Sachant sa fin proche, Gbagbo tente coûte que coûte de corriger le tir à l'approche des élections mais , cette fois-ci, les urnes seront plus que jamais ouvertes à toutes les obédiences et son ministre de la rue (Blé Goudé) ne pourra rien contre l'amertume de ces jeunes patriotes "déçus"qui ont été, à tort, instrumentalisés auparavant ,oui, la rue ne sera pas le "messie" de Gbagbo cette fois-ci...
Comme d'habitude, la seule solution opportuniste qui lui reste , c'est d'essayer de créer des troubles lors des votes afin de manipuler le scrutin car même l'élimination au premier tour le guette ...
La diversion de la lutte anti-corruption ne prendra pas , car tant qu'on n'a rien fait pour inhiber les "racines" de la tendance nationale à la corruption, il ne faut que s'attendre à une illusion positive de court terme parce que le mal ressurgira à chaque fois du fait de son enracinement profond relativement à la pauvreté et à la culture de la facilité, l'un des apports capitaux de la "refondation" aux problèmes des ivoiriens...
Gbagbo peut quotidiennement s'entrainer à la danse car bientôt , il pourra aller danser à la rue princesse sans que cela ne choque les ivoiriens qui souffrent.
11:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
