18.10.2008
Un peu d'économie !!!
" Crise financière ", "Nationalisation des géants du refinancement hypothécaire américain ( FENNIE MAE et de FREDDY MAC), "faillite de grandes banques américaines", " Chute des grandes places boursières mondiales" , "menace sur l'économie réelle", " récession"... Voici à peu près les sujets économiques qui battent le record de diffusion dans le média audiovisuel d'information.
On parle même de crise financière aussi pire que celle du krach Boursier de 1929.
Cependant, gardons notre sérénité intellectuelle pour battre en retraite certaines accusations politiques de pseudo-socialistes qui se sont découverts un nouveau bouc-émissaire sous la main : LE LIBÉRALISME.
Ma petite voix d'étudiant en "Monnaie -Finance-Banque" souhaite exploiter une voie d'expression dans le débat car elle ne peut rester inactive dans ce faux procès des enfants indésirables du communisme transformé, par la force des choses, en socialisme.
DU MODÈLE LIBÉRAL

Ces soi-disant socialistes ont longtemps joui des principes fondateurs de notre libéralisme (en France notamment ), ce libéralisme par lequel est mis en relief l'individu, le citoyen dans sa liberté de garantir son intérêt sans corrompre celui de la collectivité, voire en y contribuant.
Nous l'avons dit : il ne peut avoir intérêt collectif véritable sans l'expression "libérée" et la recherche de l'intérêt individuel, tout en conférant à la puissance publique son strict rôle de régulateur au sein du modèle libéral. Nos devanciers idéologiques ont longtemps épilogué à ce propos. Nous leur emboitons le pas.
Récemment, j'ai lu une analyse hautement appréciable d'un jeune intellectuel ivoirien sur la crise financière. Celui-ci semblait brocarder le libéralisme économique- mon libéralisme- sans s'en offrir véritablement les moyens. Il serait judicieux que vous en preniez connaissance: (voir ici)
Mon humble volonté n'est que d'apporter une pierre contributive au débat en mettant en porte-à-faux cette accusation selon laquelle la crise financière actuelle traduit un ÉCHEC PATENT du Libéralisme. Échec Patent ??? je n'en suis pas si sûr.
En effet, je comprends mal qu'on ait relégué le rôle de régulation de l'État au second plan dans l'analyse car le succès d'un modèle économique libéral passe aussi par l'efficacité des garde-fous "prudentiels" et régulateurs définis par l'Etat dans son rôle d'autorité publique. Je rappelle que le Libéralisme est au service de la collectivité et donc de l'État(puissance publique) dont les méthodes d'intervention DIRECTES dans l'économie sont décriées (par les libéraux) . Le marché implique inéluctablement l'État alors pourquoi faire du Libéralisme, en tant qu' idéologie, l'alibi exclusif des échecs du marché ? Le marché n'érige pourtant pas de lui-même le cadre juridique et réglementaire dans lequel il est censé s'épanouir. Ce rôle étant naturellement dévolu à l'État.
Je ne suis pas du tout d'accord avec ce socialisme opportuniste et accusateur car la faute (la culpabilité) dans la "Crise des Subprimes" est autant partagée par la mauvaise politique de régulation des autorités monétaires et financières américaines que par l'activité démesurément risquée de certains agents économiques.
Quid de la responsabilité de l'autorité publique ?
je m'explique.
A mon avis, tel que Mr Appolos Dan Thé l’a expliquée dans son analyse, la crise des "Subprimes" découle évidemment de la mauvaise régulation des autorités monétaires et financières américaines. En effet, la bulle immobilière née de la volonté des autorités américaines de relancer leur économie après l’attentat du 11 Septembre 2001 répondait à l’un des piliers du rêve américain : le fait que chaque CITOYEN « possède »(droit de propriété) sa maison.
Cependant, ce rêve juste et noble a été mal encadré par les autorités Étatiques qui n’ont pas su contrôler la hausse vertigineuse des taux directeurs de la Federal Reserve (Banque centrale américaine) et la propension à la création monétaire « INJUSTIFIÉE » découlant de l’affacturage excessif dans les établissements financiers.
Cet affacturage qui consistait à confectionner des titres financiers en endossant des créances immobilières douteuses ( dont le recouvrement définitif est très risqué du fait des taux variables appliqués et du risque-solvabilité des emprunteurs) à d’autres valeurs (financières) qu’on négociait à outrance sur les marchés financiers du fait de leur « supposée » forte rentabilité .
Est-ce la faute à l’agent économique qui croit créer sainement (ou pas) de la valeur ajoutée dans les règles de l’art financier OU la faute de l’autorité SUPRÊME publique ( l’État) qui est chargée de réguler EFFICACEMENT le marché afin que les thèses libérales soient pleinement opérantes ???
L’agent économique, selon la poursuite de son intérêt personnel (dans les règles de l’art), ne pensait pas à priori qu’il était en train d'hypothéquer la solidité du modèle financier à travers une tendance excessive à des méthodes financières risquées tels que le factoring(affacturage) et les ventes à découvert ( fait de réaliser une transaction sur un actif dont le recouvrement n’est pas totalement effectif : des actifs dont la valeur RÉELLE n’est pas définie au moment de la transaction).
C’était à l’État de définir les garde-fous LÉGAUX à ces pratiques hautement risquées surtout dans un contexte de forte volatilité des taux directeurs aux États-Unis. La FED (banque centrale américaine)de Ben Bernanke, le trésor américain de Henry Paulson et l'autorité de régulation boursière ont failli à leurs missions respectives de régulation.
La Responsabilité de cette régulation financière et par conséquent, la culpabilité de la crise financière reviennent de DROIT aux autorités publiques (monétaires et financières)qui ont mal encadrés le marché.
Ne dit-on pas que le marché impliqué l’ État ? Ne dit-on pas que l’efficacité du marché dans un modèle libéral est corrélée à sa régulation ?
A mon avis, il faudrait plutôt surveiller le modèle libéral avec une Régulation ÉTATIQUE efficace. Et je crois que c’est ce sur quoi les Grandes nations économiques du Monde, sous l’impulsion du président Sarkozy, comptent se pencher lorsqu’elles parlent de Refondation du système financier. Personne dans ces États ne pense, à raison, que le principe fondamental LIBÉRAL dans l'économie est mis en cause.
Il s’agit exclusivement de sa RÉGULATION.
DES IMPLICATION DE LA CRISE EN AFRIQUE

Quant aux implications de cette crise pour l’Afrique, Il est évident qu’au niveau financier, les « Banques centrales du FRANC CFA »( BEAC et BCEAO) estiment qu’il n’y a pas de risque majeur pour l’économie « CFAenne » qui a développé sa propre niche opérationnelle dans le secteur. Il faut aussi noter que l’activité de banque d’affaires - spécificité bancaire polémique dans notre cas - n’y est pas vraiment développée de sorte qu’elle puisse impliquer l’Afrique dans ce vaste effet domino du système financier mondial.
Cependant là où le bât blesse, c’est assurément lorsque cette crise quittera les sphères virtuelles de la Finance pour impacter sur l’économie réelle (l' économie de la production)en Occident et en Asie. Cela aura forcement une incidence sur le niveau de la demande en matières premières des pays africains et le Niveau des IDE( investissements direct étrangers) s’en trouvera naturellement affecté. Mais je crois que c’est aussi une opportunité pour certains pays africains de présenter des atouts de délocalisations pour certaines multinationales étrangères confrontées à des coûts de production de plus en plus asphyxiants pour leur marge bénéficiaire .
Dans un cadre typiquement concurrentiel, il faut que nos États assouplissent certaines dispositions fiscales ou réglementaires pour favoriser une implantation de plus en plus croissante de multinationales étrangères. Une bouée de secours évidente pour le marché du travail (le chômage), la valorisation des Ressources humaines locales, le transfert de technologies et pour une meilleure croissance économique de nos Etats à économie fortement rentière.
Je tiens aussi à rappeler qu’il faudrait que nos Etats se battent pour « nationaliser en partie » le secteur financier ( dans le sens que les meilleurs établissements financiers ne soient pas des filiales de multinationales étrangères mais soient entre les mains de nationaux) afin d’avoir un moyen de financement direct et plus sûr à leurs économies (émissions obligataires et de bons de trésor) au lieu d’une aliénation sempiternelle à l’endettement extérieur envers le FMI et la Banque Mondiale.
A titre illustratif, le Maroc est sorti depuis quelques années de l'engrenage d'endettement auprès du FMI et de la Banque mondiale. Le royaume Chérifien se finance sur son marché financier , dominé par des banques typiquement marocaines ( AttijariWafa Bank, le Crédit Populaire et BMCE )avec des filiales françaises reléguées quasiment au second plan. Une conséquence évidente de la politique de MAROCANISATION de l 'économie initiée des décennies plus tôt. Le volume croissant des IDE traduit l'attractivité économique de la destination Maroc et le système Financier marocain récolte sereinement les résultats des différentes réformes opérées depuis le début des années 90. Aujourd'hui ( 2008), la Bourse de casablanca occupe la deuxième place en Afrique derrière celle de Johannesburg en terme de capitalisation .
En Côte d'Ivoire, le cadre d'union monétaire en Afrique de l'ouest peut-être un avantage indéniable dans le cadre de la reforme du secteur financier .
Au lieu de nous lamenter sur le malaise idéologique de notre monnaie(voir Nicolas Agbohou et Mamadou Koulibaly), nous ferons mieux de penser les stratégies selon lesquelles nous pourrons tirer profit de ce régime de changes fixes dans ce cadre d'union monétaire tout en mettant PROGRESSIVEMENT fin à cette tutelle française ( "compte d'opérations") car les risques de volatilité monétaire doivent être autant partagés que la confiance bilatérale (France et Afrique CFAenne).
Cela dénote en Côte d’Ivoire, d’une véritable politique « d’ivoirisation » du marché financier AVANT de permettre une certaine concurrence déséquilibrée avec des multinationales financières plus avantagées en termes de capacité. A mon avis, le protectionnisme (à fin de compétitivité nationale) préconisé par l’économiste allemand Friedrich List est également applicable dans le système bancaire.
DE L'ÉCONOMIE DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE IVOIRIENNE
Concernant le projet de société d'Alassane Ouattara, je crois qu’on est bien nombreux à partager de NOBLES craintes sur le modèle de financement du projet de société du candidat Ouattara, ses modalités et son efficience dans le contexte financier actuel. A mon sens, il faudrait plus penser à réparer ce que le régime actuel (FPI) a hypothéqué comme acquis structurels afin de reconsolider les bases de l’économie ivoirienne.
Il est important pour nous que nous assainissions le secteur du café-cacao en nationalisant et regroupant les structures tentaculaires créées (BCC, ARCC, FRC) afin d’y adjoindre une tutelle publique. Celle-ci coopéra directement avec un « FDPCC remodelé » VÉRITABLEMENT aux mains des producteurs ( au niveau décisionnel) et dont les finances resteront sous un contrôle direct annuel de l'Etat.
Le secteur du Café-Cacao est, en effet, dans une véritable pagaille occasionnée par la mauvaise politique de libéralisation du FPI. On parle certes de libéralisation comme moyen efficient de booster l'économie, mais il faut reconnaitre que le régime FPI à procéder à des nominations (dans ce secteur) dénuées de toute logique économique et managériale . Le clientélisme étant l'un des instruments de gestion favoris du chef de file socialiste. Les conséquences n'ont d'ailleurs pas tardé à se faire sentir sur la société ivoirienne. j'y reviendrai très prochainement(notamment en m'aidant du Rapport CHOCOLAT CHAUD de Global Witness et d’un rapport du FMI).
Quant aux ressources minières (pétrole, fer, diamant etc ...) et à leur exploitation, il faut réaliser des audits qui définissent clairement les conditions d’octroi des marchés d’exploitation depuis le début des années 2000, faire les corrections juridiques et économiques - procédure judiciaire et renégociation des contrats si nécessaire - qui s'imposent tout en adjoignant une politique d’industrialisation dans les zones régionales exploitées car il faut diversifier l'activité économique afin d'assurer un réel dynamisme sectoriel. Ce dynamisme doit être imputable à une diversification réussie de nos secteurs d'activité(agriculture, tourisme, secteur financier, industrie etc ...) selon les potentialités économiques spécifiques à chaque région .
Mon avis global relativement à cette campagne électorale, en terme d'économie, est que le prochain président prenne du temps pour réparer la maison ivoire , revenir aux fondamentaux économiques d'avant Décembre 1999 bien avant de nous parler d’endettement extérieur massif pour assurer un vaste plan de relance par déficit budgétaire. Nous n'en avons pas vraiment besoin.
En définitive, Je crois bien avoir essayé de répondre à la problématique du débat selon mes convictions libérales ( sous condition évidente de la régulation ÉTATIQUE), ma conscience d’ivoirien malmené par la structure actuelle de nos économies . Il y'a un espoir à nourrir pour les pays africains mais la définition commune d'un vrai projet de développement s'impose dans les microcosmes étatiques mais aussi dans les organisations sous-régionales car ......... LA PREMIÈRE RICHESSE ÉCONOMIQUE, C'EST L'HOMME.
15:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.04.2008
Gbagbo a trahi Koulibaly


Gbagbo a trahi Koulibaly, Laurent Gbagbo a trahi les thèses de la refondation, les idéaux si chers à Mamadou Koulibaly.......
Koulibaly est un anti-france-Afrique reconnu de tous; on pourrait croire que le fond de ses convictions (la forme ne suit pas encore pour des coercitions politiques) est erronée mais une analyse économique approfondie de la côte d'ivoire post-coloniale nous ouvre les yeux sur la justesse de son aversion quant à la version économique de la France-Afrique (exploitation mal rémunérée des richesses naturelles et opportunités africaines par des industries françaises dont les "capitaines" sont des pions de choix , en général, des dirigeants français).
Mamadou Koulibaly voit loin mais il n'a pas encore le cran, ou plus raisonnablement , les chances de développer/mettre à exécution librement ses idées sans que sans vie ne soit mise en danger.
Mamadou Koulibaly est bien sûr un génie dont la vie politique a été dévoyé" par son rattachement aux idéaux du FPI des années 90, qu'il a lui même influencé en y insérant des valeurs libérales.
détourné en ce sens que Koulibaly se voit contredit par les actes posés depuis quelques années par Laurent Gbagbo, son chef de file.
Quelqu'un me disait que le jour où Koulibaly oserait se présenter aux élections présidentielles, il le voterait; il est assurément dans le vrai car la seule variable qui manque à son "modèle politique" demeure le terreau propice à l'expérimentation de ses thèses.
Ce terreau se résume à une situation sociale plus paisible, une mise à l'écart éventuelle de l'environnement malsain et « gabégique » que représente le FPI, depuis l'avènement au pouvoir.
L'homme est depuis quelque temps surveillé de près par ses comparses du FPI qui voit en lui, un probable obstacle à la vision alimentaire de certains pontes du régime en question (déviationnistes de la refondation); en effet, Koulibaly s'exprime rarement sur certains faits susceptibles de mettre à mal l'intégrité morale de ses "frères politiques" notamment le scandale des déchets toxiques, les détournements de la filière café-cacao et autres........
Lorsqu'il a essayé d'en parler, il a dû s'éclipser de la scène politique durant quelques semaines sans raisons apparemment justifiées.
Laurent Gbagbo a trahi le combat de Mamadou Koulibaly.
Et cela ne date surement pas de son dernier discours au port d'Abidjan où le "christ de Mama" inaugurait le terminal à conteneurs de Vridi avec Bolloré, désormais quasi-"propriétaire du port d'Abidjan.
Gbagbo a retracé, avec apologie, les relations économico-coloniales qu'entretient la France avec la Côte d'Ivoire et vanta la France comme un solide partenaire au développement économique de la Côte d'Ivoire.
Oui, personne ne peut dénier ce fait qui est dû à la vision d'Houphouet qui confia , aux sorties des indépendances, les clés de l'économie à la métropole coloniale française et donc à ses industries.
Mais que peut-on dire de la nature de ce type de coopération qui fut plus tard qualifier de France-Afrique ( version économique)?
que peut-on dire de "l'équitabilité" des bénéfices tirés des co-contractants (État ivoirien et industries françaises)?
Cette situation de monopole industriel français est-elle vraiment profitable à la jeune nation qu'est la Côte d'Ivoire?
Ce sont évidemment ces questions qui pourraient nous mener à saisir la justesse des revendications de Mamadou Koulibaly.
Depuis des décennies, ces industriels français motivés par l'avidité du capitalisme usent de tous les stratagèmes politiques et coercitifs pour maintenir, pire, accroitre les bénéfices des Entreprises françaises installées dans les ex-colonies.
Gbagbo , à cette inauguration, a fait l'historique du Port d'Abidjan, pensé en 1893, en même temps que la ville qui allait se développer autour (Abidjan), et le chemin de fer devant relier Abidjan au Niger, en passant par la Haute Volta, devenue Burkina Faso. « Sans le Port, il n'y aurait pas de ville d'Abidjan, de chemin de fer, d'aéroport, de routes.... Tous s'intègrent, et il nous faut continuer à travailler à l'intégration de toutes ces infrastructures. Nous travaillons au développement du Port, de l'aéroport, mais aussi à celui du chemin de fer, et des routes », a dit le Président Gbagbo.
Il est vrai que le port fournit plus de 80 % des recettes douanières du pays, et donc en plus de constituer une zone "privilégiée" du pouvoir en place , elle est l'objet aussi des convoitises au niveau du marché ; par conséquent, il faudrait donc laisser les mécanismes du marché déterminer l'offre la plus profitable afin de réaliser la meilleur opération économique : ce qui n'a pas été le cas dans le cas du terminal à conteneurs de Vridi attribué de manière scandaleuse à Bolloré. Jean louis Billon a pendant plusieurs semaines fait écho de son indignation quant aux irrégularités dans cette transaction ; aujourd'hui, il est "injustement" sanctionné par la SETV(société d'exploitation du terminal appartenant à Bolloré) quant à la prise en charge des conteneurs de la SIVOM (société dont il est propriétaire Jean Louis Billon) au terminal en question.
Jean Louis Billon a-t-il eu raison de décrier cette transaction ?
Je n'en sais rien mais je sais que 3 acteurs majeurs sont intimement liés dans cette transaction par un certain Cercle d’Amitié et de Soutien au Renouveau Franco-Ivoirien (CARFI).
Il s'agit de Koudou laurent Gbagbo (membre de l'organisation), Gossio Marcel ( vice-président du CARFI) et un dénommé Jean-Pierre Camoin appartenant , comme par enchantement, au Groupe Bolloré et président du CARFI.
Ceci expliquant cela
sans oublier pendant cette même période, fin 2003 et premier semestre 2004 sont marqués, en plus de l’achat des armes françaises par Gbagbo, par l’acquisition française de marchés : Alcatel, Technip et Bivac ...
Malgré l'incursion économique de l'Afrique du Sud en fin 2004( projet de construction de l'aéroport de San-pédro et aussi l'entrée de MTN dans le secteur de la téléphonie) dû évidemment au désaccord né de la suite de l'opération dignité qui révéla les qualités de roublardise quant à la confiance qui se réinstallait progressivement en Gbagbo et le Lobby politico-économique Français.
Aujourd'hui, l'épisode du terminal à conteneurs montre que Gbagbo semble être asujetti au bon vieux système de la France-Afrique avec des français opportunistes qui exploitent les divergences à relent hégémonique des partis politiques ou claniques de côte d'ivoire.
Je comprends de mieux en mieux le combat de Mamadou Koulibaly lorsqu'il indexe , non pas l'Etat Français dans sa politique générale , mais plutôt un Lobby de dirigeants politiques et d'industriels français qui "s'accaparent" l'exploitation des richesses naturelles et potentialités économiques des ex-colonies africaines et évite , peut-etre, ainsi de sérieux bouleversements dans l' économie de la métropole française...
Mamadou n'a pas vraiment tord dans le fond de son combat contre les servitudes établies par les accords de défense de 1961 entre certains présidents d'Afrique francophone et la France "Gaullienne".
C'est tout ce système, dont ont bénéficiés quelques politiciens africains, qu'il faut "casser" pour construire l'émergence d'une Afrique réellement libérale, privilégiant les mécanismes du marché et qui puisse réguler efficacement son économie.
Si c'est cela le combat de Mamadou Koulibaly, tel que je le comprends, je crois effectivement qu'il est légitime mais sa famille politique semble aujourd'hui s'en éloigner, vu la teneur du discours que Gbagbo a adressé à Bolloré.
Cependant je reste encore sceptique quant aux chances qu'à Koulibaly pour mettre en pratique ces théories s'il semble toujours dans l'ombre de politiciens ayant vraisemblablement détourné le dos à l'idéologie "refondatrice" initiale.
Gbagbo est devenu un France-Africain par excellence, et il vient de le prouver au port d'Abidjan notamment quant à l'apologie faite à la France et surtout à l'opacité de la transaction entre l'État de Côte d'Ivoire relative au terminal à conteneurs.
Gossio Marcel est le pion de Gbagbo et son inamovibilité lors la crise des déchets toxiques le prouve amplement.
On peut espérer des horizons où Mamadou Koulibaly se donnerait plus de moyens pour mettre à exécution sa vision économico-politique sans bien sûr comprendre certains des actes qu'il pose actuellement.
J'espère donc pour lui plus de liberté politique dans les années à venir, sinon un jour, sa disparition telle celle du « Négritudien » Aimé Césaire (ce que je ne souhaite pas bien sûr), ressemblera à une symphonie inachevée...
21:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
06.04.2008
Mamadou Koulibaly VS Charles Konan Banny (1)
Charles Konan Banny et Mamadou Koulibaly, deux figures intéressantes que j'ai toujours confronté dans mes réflexions sur les questions monétaires et économiques de la zone monétaire ouest-africaine.
Dans cette première partie, je tenterai de retracer leurs cursus (scolaire et professionnel) et de décrire quelque peu l'environnement qui les a vu émerger sur la scène politique ivoirienne.
Ces deux personnes symbolisent une certaine dualité en plusieurs domaines ; en matière de fondement idéologique ( conservatisme et libéralisme "exacerbé" ), politique ( PDCI et FPI ), et surtout, pour le domaine qui m'intéresse le plus : l'économie.
En effet, le constat qui s'impose à nous est le suivant : Mamadou Koulibaly est plutôt un spécialiste de la théorie
économique ( économie normative ) tandis que Charles Konan Banny s'est illustré durant des décennies d'activité professionnelle au cœur des instances économiques et monétaires de la sous-région ouest-africaine, notamment en tant que technocrate à la BCEAO ( économie positive ).
Charles Konan Banny est né à Divo en 1942 et a obtenu un DES( Diplôme d'études supérieures ) à l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales de Paris (ESSEC) et commence sa carrière professionnelle en 1969 au poste de chargé de mission à la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles en Côte d'Ivoire (Caistab); en 1970, il rejoint l'Organisation inter-africaine du café (OIAC, siégeant aujourd'hui à Abidjan), où il a occupé le poste de secrétaire général adjoint, puis celui de secrétaire général.
Il commence à tracer son itinéraire de banquier en 1976, avec son entrée à la BCEAO. Dix ans plus tard, il est devenu directeur national de la BCEAO pour la Côte d'Ivoire. Après le départ d'Alassane Ouattara en 1990, il devient gouverneur par intérim de la BCEAO de 1990 à 1993, puis confirmé officiellement dans son poste de gouverneur de la BCEAO , mandat qui a été renouvelé une fois jusqu'à son départ pour la primature ivoirienne.
On se rend donc compte que c'est presque 15 ans passé au "gouvernorat" de la BCEAO qui nous indique ce technocrate confirmé comme étant l'une des personnes les mieux habilités à nous entretenir sur la "vie monétaire" de notre zone économique.
On comprend ainsi le bien-fondé de cette opposition imaginée entre lui et Mamadou Koulibaly, l'apôtre de la "mort" du Franc CFA pour l'émergence d'une monnaie nationale, au cours flexible, qui nous délivrerait du "joug" du néocolonialisme français. ( question économique jalousement réservée à la deuxième partie ).

Charles konan Banny est une nouvelle figure qui se cherche une place dans la sphère politique ivoirienne, en particulier dans son parti : le PDCI où les successeurs du presque octogénaire Bédié commence à se livrer une petite guerre muette. Longtemps éloigné, du fait de son statut apolitique de gouverneur central, l'homme a suscité de nombreuses interrogations dans son parti quant à sa réelle volonté de "retourner en famille" ; certains lui auraient reproché ses velléités d'indépendance et de divorce d'avec le "vieux parti". Aujourd'hui, tout semble plus clair .......

Quant à Mamadou Koulibaly, natif d'Azaguié en 1957 ,il obtient en 1982 sa maîtrise en Economie publique et s'envole plus tard pour la France d'où il obtient son Doctorat en Sciences Economiques puis décroche en 1987 son agrégation .
Son cursus professionnel est notamment centré sur la théorie économique, l'enseignement (professeur d'université ) et autres activités de recherche et de publication d'ouvrages qui lui permettent de se constituer une certaine bibliographie politico-économique. A l'avènement de son parti politique(fpi) au pouvoir en 2000, il dirige furtivement quelques ministères-clés, d'ailleurs propice à l'expérimentation de son combat littéraire avant de se terrer, je ne sais pour quelles raisons, à l'assemblée nationale.
L'homme se distingue par son extrême aversion à l'encontre des "colons français" et n'hésitent pas à leurs attribuer la responsabilité des déboires de la jeune nation ivoirienne. Dernièrement après son fameux écrit: " le blues de la république " qui l'a vraisemblablement éloigné de la scène politique pendant un bon moment, Koulibaly revient avec son combat longtemps endormi sur "les servitudes du pacte colonial" et ses diatribes sur le Franc Cfa qui serait , selon lui, un moyen d'oppression et d'exploitation du colon français ......
Avis que ne partage pas naturellement Charles Konan Banny, ex-gouverneur de la Banque centrale, puisqu'il vante plutôt la santé "MONETAIRE" de l'institution qu'il a dirigé durant 15 ans et confié sereinement à ses successeurs ; Banny fustige plutôt l'efficacité et la fiabilité des politiques publiques mises en place par les Etats-membres ...
bref, décidément la rédaction de la deuxième partie pour mieux soulever les divergences entre ces 2 économistes qui soulèvent à nouveau le sempiternel débat entre économie normative et économie positive dont chacun d'eux pourrait être le principal défenseur en Côte d'ivoire .
*(l'économie positive est factuelle et rassemble les explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de l'économie; le cadre est strictement basé sur l'efficience de la décision économique )
*(l'économie normative fournit des prescriptions ou recommandations sur des jugements de valeur personnels; la question sur la valeur morale que tels groupes d'individus ou de populations accordent à une décision économique est prédominante. exemple du libellé "franc" de la monnaie ivoirienne et de son rattachement de principe à l'ex-métropole-colonisatrice. )
06:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.03.2008
La question monétaire dans la zone UEMOA

Depuis une certaine époque , du fait des travaux de certains économistes africains , la monnaie suscite bien de débats dans les milieux intellectuels de certains pays d'Afrique francophone surtout.
le franc cfa a bien sûr une histoire qu'il faut considérer dans son exhaustivité.Il ne faut surtout pas se laisser aveugler par les slogans d'émancipation de certains "négro-utopistes" qui tardent à être mis en pratique.
En Afrique , on a pris plaisir à fustiger juste pour le plaisir, sans pouvoir créer les conditions de réalisations de nos revendications.
L'avènement du FPI au pouvoir a ressuscité la ferveur populaire autour du Franc CFA , monnaie issue de la fameuse politique de coopération française d'après-indépendance.
Ce franc cfa a longtemps subi le prétexte, pour les uns d'outil de contrôle et de régulation et pour les autres , d'instrument de néocolonialisme.Les avis , au sein même de la communauté ouest-africaine par exemple sont très partagés à ce propos.
il est important de comprendre les mécanismes qui sous-tendent l'existence de cette monnaie depuis l'avènement de l'indépendance , de la période du miracle ivoirien malgré le fait que plus de la moitié des réserves de change "dormaient" au trésor français dans ce fameux "compte d'opération" tant critiqué par Mamadou Koulibaly , de l'inadéquation latente durant les années 90 à nos jours entre les performances de la banque centrale ouest-africaine en matière de politique monétaire et les politiques budgétaires des différents pays de la zone monétaire, jugés à la traine par l'ex-gouverneur Konan Banny.
En définitive , il valait mieux essayez de comprendre pourquoi la santé monétaire n'arrivait pas à se répercuter efficacement sur l'économie des pays de l'union monétaire .
Comment étaient gérées les différentes politiques budgétaires des états-membres ? l'état des finances publiques ?
quelle était l'incidence des politiques d'intervention (directe et indirecte) des banques centrales sur l'économie de la zone ?
l'histoire encore récente soulève, de ce fait, l'importance pour nos nations de construire le développement sur des bases solides , justifiées dans le temps ;en clair, l'intérêt à agir selon des politiques sur le long terme , préparer les décisions de la décennie prochaine dès maintenant .... c'est comme cela qu'on construit une politique de développement.
depuis l'avènement de cet euro fort , on dénote ce discours intempestif qui anime certains spécialistes ivoiriens de la "théorie économique" (Nicolas Agbohou, Koulibaly Mamadou ) qui n'arrêtent pas de fustiger le travail monétaire réalisé par la BCEAO qui a tout de même mérité ses lettres de noblesses sur le continent, et également dans le monde.
pour une vile antipathie à l'égard de la france et des revendications idéologiques , il faut donc vilipender l'union monétaire ouest-africaine , dont nous construisons l'indépendance lentement mais sûrement , dont nous sommes en train de mieux gérer les réserves de change en réduisant progressivement les parts maintenues au trésor français, en spéculant en fonction du taux d'intérêt pratiqué sur le compte d'opération ....On ne peut pas continuer à banaliser les institutions communautaires dont nous nous sommes dotés.
Le plus important aujourd'hui est de renforcer nos économies nationales afin de mettre en concordance les situations monétaire et économique , d'optimiser les politiques d'intervention de la banque centrale dans l'économie , faire plus d'efforts en matière d'assainissement de finances publiques , d'amélioration du taux de croissance des PIB à travers ,par exemple, l'industrialisation progressive de nos économies , la consolidation d'un marché intérieur sous-régional qui soit fort ...
Il est très malhonnête de faire croire à l'opinion publique que la précarité de nos économies, la misère de nos populations est essentiellement due à l'arrimage avec l'euro.
Mamadou Koulibaly, le Professeur Agrégé et principal initiateur de cette campagne , devrait donc revoir ses copies car , même sa présence au sein des pontes du parti au pouvoir en Côte d'ivoire , n'a rien changé à la mauvaise gestion des deniers publics , à la précarité grandissante des populations ivoiriennes....
Comme quoi , mieux vaut aborder ces grandes problématiques avec humilité et objectivité.
09:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
