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19.09.2008

Gbagbo se raconte

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Commentaire de Krathos : C'est à peu près le script d'une interview qu'il a accordé à Henri Duparc, un grand cinéaste qui a réalisé, avant sa mort, un film relatif à la vie de Laurent Gbagbo.
Une vie qu'on essaie d'embellir , de rendre héroïque à l'extrême cependant il est important de lire le concerné lui-même pour mieux comprendre aujourd'hui ce qu'il fait vivre aux ivoiriens dans sa gestion du pouvoir.

De la conviction religieuse affirmée ( à outrance) aux assassinats politiques du frère du Cousin devenu rebelle ( Louis André Dakhoury Tabley) que certaines langues prêtent à son entourage, de la volonté de prise du pouvoir comme fin en soi aux subterfuges voilés en révélations bibliques, de la constante victimisation dans le discours aux déchets toxiques et sociaux en Côte d'ivoire ... Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a la grande opportunité de comprendre la mesure du combat narcissique qu'a mené Laurent Gbagbo tout en se servant des quelques opportunistes et autres affidés sur qui il a pu bâtir son pouvoir.
Depuis quelques mois, c'est l'exposition SEPLOU qui se trimballe de ville en ville pour présenter la vie courageuse et héroïque(???) du Christ de Mama, le fils de pauvre qui comprend les pauvres et qui logiquement devrait s'occuper d'eux.
Il est en effet important de disséquer certains de ses propos pour mieux lui demander des comptes sur la situation sociale de la Côte d'ivoire; on pourrait même restreindre l'analyse à cette partie géographique du pays que Gbagbo Himself a qualifiée de Côte d'Ivoire utile(???).

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Par simple curiosité, j'aurai bien voulu voir la mine de Louis André Dakhoury Tabley ( le cousin devenu rebelle) quand, quelques jours après son ralliement à la rébellion, il a appris l'assassinat lâche de son jeune frère médecin par l'escadron de la mort . Un médecin qui a priori était en dehors de la politique; le cousin a certainement dû payer pour sa trahison. J'aurais aussi bien voulu comprendre les larmes de Henri Dakhoury Tabley ( le banquier de la famille) lorsqu'il évoquait la mort de son frère à la prestation de serment au "gouvernorat" de la BCEAO ( la banque centrale Ouest-Africaine). Vous avez dit lutte acharnée pour le pouvoir politique ??? Vous avez dit quête effrénée du pouvoir ? Alors j'espère que vous saurez lire entre les lignes.
Aujourd'hui, je comprends aisément les raisons qui ont amené un cadre du PDCI (Boa Edjampan)à dire que c'est Dieu qui a voulu que le FPI soit au pouvoir afin que les ivoiriens expérimentent ce que valent réellement ces V-I ( vendeurs d'illusions) soi-disant socialistes..

La politique du "pouvoir à tout prix" ne mène qu'à sa "gestion à tout risque". Gbagbo fait mine de ne pas le savoir.

(Je vous prie de bien vouloir lire entièrement Gbagbo)

Itinéraire de l'opposant politique


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J'ai eu mon BEPC en juin 1962, et j'ai quitté le séminaire comme je suis entré. C'est-à-dire sans trop savoir pourquoi mon père m'y avait conduit. Un jour, alors que je venais de donner un cours de musique à des jeunes gens, mes amis Boniface Dagri, Koudougnon Ballet, Lavry Bernardin me retrouvent chez moi et me disent :
- "On quitte le séminaire. Nous allons à Abidjan pour rentrer au Lycée Classique.
- Je viens avec vous, leur ai-je répondu."
C'est ainsi que je suis allé prendre mes dossiers et que je me suis rendu à Abidjan. C'était en 1962 : une grande aventure. Et quelle aventure !
Au Lycée Classique, venant d'un établissement privé, j'ai passé la première année à l'externat. Il fallait d'abord effectuer un an à l'externat, obtenir une certaine moyenne en classe avant de se voir attribuer une bourse d'études.
En 1963, je passe en classe de 1ère. Je suis boursier et je suis à l'internat. Cette année-là est, pour mes amis lycéens et moi-même, un moment de grand trouble car nous apprenons l'arrestation de certains ministres pour participation à un complot.
Trois ans après la proclamation des indépendances, ces ministres représentaient des "demi-dieux" pour les adolescents que nous étions. Nous pensions qu'ils étaient intouchables. S'ils étaient arrêtés, cela voulait dire qu'ils avaient effectivement participé à un complot. Il faut dire que nous n'avions aucun élément pour croire le contraire. À cela il faut ajouter que nous n'avions ni conscience critique, ni conscience politique. L'atmosphère sociale, qui était plus ou moins lourde, traduisait simplement le fait que les "demi-dieux" n'étaient que de simples individus et qu'il n'y avait pas d'hommes intouchables...
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